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Les Banques

Les banques sont très présentes dans nos économies et pour cause : que l’on soit un particulier, une entreprise, une institution ou une association on fait souvent appel à elles ! Mais les connait-on vraiment ?

Les différents types de banques

Toutes les banques ne font pas la même chose ! Pour y voir plus clair on distingue trois types de banques :

  1. La banque commerciale : celle qu’on connait tous en tant que particulier. C’est celle qui collecte l’argent déposé sur les comptes bancaires et le prête en se rémunérant sur le taux d’intérêt.
  2. La banque d’investissement : elle apporte des services spécifiques aux grandes entreprises. Elle est un intermédiaire pour les opérations dites du haut de bilan (emplois et ressources à long terme).
  3. La banque d’affaires : c’est une banque qui ne traite qu’avec les entreprises qu’elle accompagne dans le cas d’une introduction en bourse, d’une augmentation de capital, du rachat d’une entreprise…

En plus de ses banques, on comptera également la banque centrale qui est un peu la banque des banques (voir l’article sur la Banque Centrale Européenne).

Banques commerciales (commercial bank)

Les banques commerciales sont celles qui exercent les activités bancaires traditionnelles : elles reçoivent et gèrent les dépôts d’argent sur des comptes (on parle de banque de dépôt) et octroie des crédits et offre des produits de placements à une clientèle de particuliers et d’entreprises de petites tailles (banque de détail). Ses activités concernent donc le bas du bilan (financement court et moyen terme).

Banques d’investissement (investment bank)

Les banques d’investissements se focalisent sur les activités de conseil, d’intermédiation et d’exécution des opérations de haut de bilan (long terme). Goldman Sachs est une banque d’investissement par exemple, Lehman Brothers (qui a fait faillite en 2008) en était une aussi.

On a souvent parlé pendant la crise de 2008 du Class-Steagall Act : une mesure adoptée aux Etats-Unis après la crise de 1929 qui obligeait les banques a séparer leur activités de banques de dépôt et de banque d’investissement. Elle fut abrogée en 1999 sous l’administration Clinton.

Banques d’affaires (corporate bank)

Le concept de banque d’affaires est aujourd’hui assimilé à celui de banque d’investissement et ses activités en font souvent partie. Une banque d’affaire prend des participations dans des sociétés et monte des dossiers de financement d’entreprise.

Sources :

  • http://definition.actufinance.fr
  • www.cafedelabourse.com/lexique
  • http://www.memoireonline.com/04/11/4418/m_Impact-du-systeme-bancaire-sur-la-croissance-economique-dun-pays-cas-du-Rwanda6.html
  • http://blog.infine.com/quest-ce-quune-banque-de-finance-et-dinvestissement-2685

Keynes : un économiste très cité mais peu connu

Keynésianisme, politiques keynésiennes, multiplicateur de Keynes… ce sont des mots que l’on entends fréquemment sans vraiment savoir ce qu’ils veulent dire. C’est dommage, parce que John Maynard Keynes est un économiste du XXème siècle encore très réputé aujourd’hui.

Qui est John Maynard Keynes ?

keynesKeynes est parfois cité comme l’économiste le plus influent du XXème siècle. Ce Britannique né à Cambridge en 1883 va rejeter les théories économiques dites classiques largement acceptées à l’époque (et même souvent aujourd’hui). Les classiques, ce sont un peu les premiers économistes. Keynes les définit comme ceux qui croient en la loi des débouchés de J.B. Say (qu’on résume souvent par « l’offre crée sa propre demande »). John Maynard Keynes, à la différence des économistes classiques, ne pense pas que les marchés peuvent s’auto-réguler tout seuls mais qu’ils ont besoins de coup de pouce (les classiques ont tendance à penser que ce sont justement ces coups de pouces qui dérèglent le système). Keynes introduit l’idée que le chômage peut être involontaire (on y avait pas pensé avant !).

Les 2 principaux écrits de Keynes

En 1919, Keynes publie « Les conséquences économiques de la paix. » Il critique dans cet ouvrage les réparations réclamées par la France à la l’Allemagne dans le traité de Versailles. Il juge ces réparations trop lourdes pour l’Allemagne, son économie et par effet domino l’économie mondiale. Il prévient également que la charge financière imposée est un facteur de ressentiment et donc de risque.

En 1936, J.M. Keynes publie l’ouvrage qui va le rendre célèbre : « Théorie Générale de l’emploi, de l’Intérêt et de la monnaie » qui peut être considéré comme le premier livre de Macroéconomie. Il introduit une loi psychologique qui permet aux gens de choisir quelle partie de leur revenue ils consomment et laquelle ils épargnent. Il insiste sur le rôle de la demande (et non de l’offre) dans la détermination des niveaux de productions de biens et services et donc de l’emploi.

Points clés de son enseignement

Dans « Théorie Générale de l’Emploi, de l’Intérêt et de la monnaie », Keynes résume sa théorie en huit propositions que l’on peut présenter comme suit :

  1. Le revenu (le PIB) dépend de l’emploi,
  2. La partie du revenu consacrée à la consommation (la propension à consommer) est déterminée par une loi psychologique,
  3. La quantité de main d’œuvre que les entrepreneurs décident d’embaucher dépend de la demande effective (qui est la somme de ce que l’on s’attend à voir la communauté dépenser et épargner).
  4. L’épargne correspond à l’offre globale moins la propension à consommer,
  5. Le volume d’équilibre de l’emploi dépend de trois éléments : la fonction d’offre globale, la propension à consommer, le montant de l’investissement,
  6. Le niveau d’emploi est limité par le fait que les entreprises arrêtent d’embaucher quand le rendement du dernier embauché passe en dessous de ce qu’il lui rapporte (même après avoir diminué le salaire proposé).
  7. Selon la théorie classique, l’offre et la demande globale s’ajustent pour n’importe quel niveau d’emploi et celui-ci arrive naturellement à son niveau max (mais pas d’après Keynes),
  8. Quand l’emploi augmente, la dépense de consommation aussi mais pas autant que la demande effective (à cause de la loi psychologique qui fait qu’une part de l’augmentation est épargnée).

Alors… c’est quoi le Keynésianisme et le multiplicateur ?

Le Keynésianisme, c’est donc l’école de pensée de Keynes. Dans les débats actuels, on l’évoque notamment en opposition aux politiques d’austérité, c’est à dire à la volonté de réduire les dépenses publiques par les gouvernements après la crise. L’idée étant que pour rééquilibrer les comptes, soit on gagne plus soit on dépense moins. Le problème c’est que les investissements de l’Etat forment la demande adressée aux entreprises… donc si elle diminue, la dépense effective (celle qu’on attend) diminue et quand les entreprises l’anticipent, il embauchent moins et donc produisent moins. Par conséquent le PIB diminue :( Et ça c’est dommage parce que l’objectif des gouvernements c’est justement de l’augmenter.

Le multiplicateur, c’est un outil qui permet de d’évaluer l’effet d’une augmentation des investissement publics sur le PIB. Si le multiplicateur est plus grand que 1, par exemple 1,2, ça veut dire que si j’augmente les investissements de l’État de 100, le PIB va augmenter de 120 (par une suite d’actions successives) et ça c’est bien. S’il est plus petit que 1, mettons 0,8, et que les investissements soient de 100, le PIB ne va augmenter que de 80, ce qui ne compensera même pas les dépenses engagées. On peut donc dire qu’une politique Keynésienne est souhaitable si le multiplicateur est supérieur à 1.

Sources :

– John Maynard Keynes (1936) Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie

– Alternatives Economiques (2005) L’essentiel de l’économie, AE poche n°21