Qu’est-ce que la Microéconomie ?

La Microéconomie, c’est une branche de l’Économie qui étudie le comportement des individus et des entreprises. On parle de micro-économie par opposition à la macro-économie qui est la branche où l’on étudie l’économie dans son ensemble (c’est-à-dire le comportement d’un grand nombre d’individus et d’entreprises).

Microeconomie

L’approche bottom-up

Pour reprendre l’expression anglo-saxonne, la microéconomie étudie l’économie à partir de l’approche « bottom-up » (du bas vers le haut) : un peu comme quand on n’étudie le comportement des atomes pour comprendre les caractéristiques de l’objet qu’ils composent.

Dans le cas de l’économie, les atomes ce sont nous (les gens) et les entreprises. Les entreprises ont pour rôle de fabriquer des objets ou de rendre des services aux gens qui les achètent (ou à d’autres entreprises). Du coup, dans l’analyse microéconomique, on fait plutôt la distinction entre consommateurs et producteurs qui se « rencontrent » sur un marché, le lieu de transaction où les producteurs vendent et les consommateurs achètent.

En résumé, en microéconomie, on étudie les marchés par le bas, en observant les consommateurs et les producteurs.

Les modèles : représentations simplifiées de la réalité

Pour choisir un itinéraire, on utilise une carte qui est un modèle, c’est-à-dire un dessin simplifié de la réalité. De même un architecte peut modéliser un futur bâtiment à l’aide d’une maquette qui facilitera les discussions avec les décideurs. Un modèle est donc une abstraction permettant de mieux comprendre un objet complexe.

En microéconomie, on utilise aussi des modèles. Mais on comprend bien qu’on ne va pas modéliser les personnes avec des Playmobils (encore qu’on pourrait^^) : les économistes se servent du langage universel offert par les mathématiques.

Modèles du consommateur, du producteur et du marché

Quand on commence à étudier la microéconomie, on débute généralement par la modélisation du consommateur, celle du producteur et celle du marché.

Le programme du consommateur

Dans notre monde simplifié de la microéconomie, nous sommes des consommateurs… qui voulons consommer ! Pour ça nous avons un revenu qui nous permet d’acheter des biens et des services :

PlaymobilEt nous, en tant qu’économistes, on va chercher à comprendre la décision d’achat de notre Playmobil ! Pour ça on va faire une hypothèse : on part du principe que (ou on « fait comme si ») notre Playmobil – que nous appellerons Jean – est rationnel c’est-à-dire qu’il est capable de choisir entre plusieurs options celle qui lui apportera le plus d’utilité (i.e. qui sera la plus profitable pour lui). C’est un peu de ça dont on parle quand on parle des hypothèses des théories néo-classiques.

Vu qu’on n’est pas ici pour débattre de si c’est bien raisonnable de considérer qu’on est tous rationnels dans nos comportements d’achats (et de dire que quelqu’un de rationnel est quelqu’un qui agit dans son propre intérêt…), on va considérer que c’est quand même bien pratique ces simplifications pour pouvoir avancer dans l’analyse.

Donc Jean est un matheux soucieux de consommer le plus possible. Il a un budget de 10€ et entre dans un magasin où il n’y a que du riz à 1€ le kilo et du jus d’orange à 2€ le litre. S’il n’achète que du riz, il pourra en acheter 10 kilos, s’il n’achète que du jus d’orange, il pourra en acheter 5 litres. Cette contrainte du budget peut se représenter visuellement :

riz jus orangeEt on voit que Jean a en fait une multitude de choix qui s’offrent à lui : il peut acheter par exemple 3 litres de jus d’orange et 4 kilos de riz (3*2 + 4*1 = 10 le compte est bon !). C’est le point qui est dessiné sur le schéma. De la même façon, il peut choisir n’importe quel autre point sur la droite bleu, par exemple le point correspondant à l’achat de 3,5 litre de jus et 3 kilos de riz (3,5*2 + 3*1 = 10).

On a donc tracé en bleu une « contrainte de budget » pour utiliser le jargon des économistes. Si on remplace la quantité de jus d’orange par la lettre x et la quantité de riz par la lettre y, on peut l’écrire comme ça x*2 + y*1 = 10. C’est l’équation de la droite ! Certains préfèreront l’écrire y = 10 – 2x.

Les préférences

Maintenant qu’on sait ce que peut s’offrir Jean, on voudrait savoir c’est quoi qu’il va choisir (puisque c’est un peu notre but à nous, microéconomistes, d’étudier sa décision). On se doute que dans notre exemple, si Jean à très soif il préfèrera le jus et s’il a plus faim il préfèrera le riz.

Mais ces préférences, on ne va pas les représenter par des courbes aussi quand même ? Eh ben si ! On va simplement tracer des courbes qui correspondent à des préférences équivalentes ou, dit autrement, toutes les combinaisons de quantité de jus d’orange et de riz qui procureront la même satisfaction à Jean seront sur la même courbe :

C’est donc juste une façon de dessiner les préférences de Jean : on voit qu’il aimerait autant un sac contenant 3 litres de jus d’orange et 4 kilos de riz qu’un sac avec 5 litres de jus d’orange et 2 kilos de riz, parce que ces deux choix sont représentés par des points sur la même droite (celle du milieu).

On peut aussi dire que Jean préfère un sac avec 3 litres de jus d’orange et 4 kilos de riz qu’un sac avec 3 litres de jus d’orange et 3 kilos de riz, puisque cette deuxième option est sur une courbe inférieure (plus à gauche, en vert clair).

Courbes indifference

Les courbes vertes sont ainsi appelées « courbes d’indifférence ».

Le choix final

Comment savoir ce que Jean va choisir avec ses 10€ ? Rien de plus simple : parmi les options possible qui lui sont offertes (représentées par la première ligne bleue), il va opter pour celle qui lui plait le plus. Et pour savoir celle qui lui plait le plus, il suffit de regarder les courbes d’indifférences et de choisir la plus à droite parmi celles que Jean peut s’offrir (i.e. pas plus à droite que notre ligne bleue) :

Choix finalOn voit que, dans notre schéma, la courbe verte du milieu est la courbe qui représente les préférences les plus hautes atteignables étant donnée la contrainte de budget de Jean.

Jean étant un maximisateur, il optera pour l’option : 3 litres de jus d’orange et 4 kilos de riz.

Le programme du producteur

Toujours dans ce monde simplifié (modélisé) de la microéconomie, les entreprises sont des sortes de boites noires dans lesquelles des choses entrent (les matières premières et consommations intermédiaires) et d’autres sortent (la production) :

input outputOn emploie beaucoup les termes anglais input et output car ils sont intuitifs. Histoire de ne pas s’éloigner trop de notre premier exemple, imaginons l’entreprise ORANJUS qui fait du jus d’orange :

ORANJUSDe la même façon que notre consommateur Jean avait pour ambition de consommer le maximum selon sa contrainte budgétaire, notre entreprise ORANJUS a pour ambition de gagner le plus d’argent possible c’est à dire de maximiser son profit.

Pour cela ORANJUS va essayer de vendre son jus d’orange au prix le plus élevé tout en achetant ses oranges au prix le plus faible. En effet, en microéconomie, le profit est simplement la différence entre le chiffre d’affaires (prix*quantité vendue) et les coûts. Schématiquement, on appelle le profit « pi » (lettre grecque) et on écrit :

profit1Vu qu’en microéconomie on va faire l’hypothèse qu’on a beaucoup de concurrents qui produisent du jus d’orange aussi bon, on ne va pas pouvoir choisir notre prix (ORANJUS vendra au même prix que la marché et le prix sera un paramètre). La quantité produite va dépendre des choix des dirigeants de ORANJUS : on peut acheter beaucoup d’oranges et de machines et employer beaucoup de travailleurs pour produire plus par exemple. Du coup on note « Q » la quantité produite  et on écrit :

QC’est à dire que la quantité produite Q dépend du travail L (pour labor en anglais) et du capital K (qui englobe tout ce qui n’est pas du travail c’est à dire les machines presse-orange, l’usine… même les oranges pour simplifier ! enfin… si ça simplifie^^).

Et les coûts, ce sera ce que ORANJUS aura dépensé pour le travail et ce qu’elle aura dépensé pour le capital. En résumé, le profit c’est :

profit2vu que le cout du travail, en simplifiant, c’est le salaire (W pour wage en anglais) fois le nombre de travailleurs L (pour labor) et en notant Pk le cout du capital, voilà notre modèle mathématique de profit :

profit fonctionJusque là on a un modèle simplifié de la réalité qui va nous permettre de comprendre comment une entreprise peut fixer ses quantités pour maximiser son profit (donc la valeur de l’équation du dessus).

Là où sa commence à devenir un peu chelou pour quelqu’un qui n’a jamais fait de microéconomie, c’est la façon de représenter la fonction de production de l’entreprise (i.e. la relation qu’il y a entre les inputs L et K et l’output Q). En effet, voilà comment on la représente :

productionPourquoi tant de mal me direz vous ? En fait on cherche à utiliser une fonction suffisamment simple pour être manipulable mais tout en respectant certaines contraintes :

  • si on double tous les inputs (2 fois plus de capital et de fois plus de travail), on double l’output (la quantité produite). C’est par toujours le cas mais c’est pratique de raisonner comme ça,
  • la forme de la fonction est aussi intéressante :Cobb DouglasComme c’est un graphique à deux dimensions, on représente une courbe pour chaque niveau de production étudié avec Q1 représentant la production la plus élevée. Là où c’est cool, c’est que si on regarde une courbe, on voit que l’entreprise à le choix, dans une certaine mesure, entre travail et capital. C’est à dire qu’elle peut produire autant en diminuant les machines (K) et en employant plus de personnes (L), ce qui lui donne de la marge de manœuvre pour répondre à une hausse des prix des fournisseurs par exemple. ET comme la courbe s’écrase sur les coté, ça veut dire que le capital et le travail sont assez complémentaires : il arrive un moment où je ne peux pas baisser le nombre de mes machines sans baisser la production.

Voilà, le truc c’est que la résolution de cette maximisation du profit est un peu moins intuitive que pour le consommateur, il y a d’autres éléments à considérer. Mais le principe est le même : on modélise mathématiquement la situation en la simplifiant et on résout algébriquement et même graphiquement pour trouver quelle quantité de jus d’orange ORANJUS devra mettre sur le marché pour gagner le plus d’argent possible.

Le marché

Juste un petit mot sur le marché qui est simplement, en micro, la représentation de la rencontre entre les consommateurs et les producteurs. Voilà donc la fameuse courbe :

offre et demandeLa quantité de produits offerts sur un marché augmente quand le prix augmente, c’est pour ça que la courbe orange monte. La quantité demandée d’un produit diminue (en théorie !) quand le prix augmente : si c’est trop cher on achète pas. C’est pour ça que la courbe bleue diminue. Le marché étant le lieu de rencontre entre l’offre et la demande, c’est le point de rencontre de ces deux courbes qui permet de lire graphiquement le prix des produits vendus et en quelle quantité (exemple : 1€ le litre pour le jus d’orange pour 1 000 000 de litres vendus dans la ville de Jean).

Après en microéconomie on va étudier différents types de marchés : ceux où la concurrence est parfaite (pleins de producteurs, pleins d’acheteurs, tous les biens vendus identiques), ceux où il n’y a qu’un seul producteur (monopole) ou pas beaucoup (oligopole)…

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