PIB : une mesure de la richesse

Pour mesurer la richesse, on a inventé un outil : le « PIB ». C’est un outil statistique (donc un nombre) qu’on calcule en général en euros.

Dans la comptabilité, on parle pas de richesse mais de « valeur ajoutée » -> le PIB est donc la somme des valeurs ajoutées produites en France (d’où le produit « intérieur » parce que c’est la richesse produite à l’intérieur de la France).

La valeur ajoutée, c’est ce qui est créé véritablement par une entreprise. Si un menuisier achète du bois pour fabriquer une porte, le bois acheté est une consommation intermédiaire, produit par une autre entreprise – cen’est donc pas une valeur ajoutée par le menuisier. On a donc :

Valeur ajoutée = valeur de la production – consommation intermédiaire

Bon, ya pas que les entreprises qui créent de la richesse, on est bien content des services rendus par les administrations publiques aussi ! (sécurité, santé, justice, enseignement…). Pour eux on parle de valeur ajoutée des productions « non marchandes » (on valorisent alors ses services au prix que ça coute à l’état). Et pour les entreprises, on parle donc de production marchande.

Quand on additionne toutes les valeurs ajoutées (secteurs marchands et non marchands), on obtient le PIB : Produit Intérieur Brut :) On dit brut parce qu’il est calculé sans effectuer de déductions pour la dépréciation des biens fabriqués (ou la perte de valeur).

Une courte vidéo [3 minutes] de « Dessine moi l’éco » est disponible sur youtube :

Le PIB sert donc a mesurer la richesse créée dans un pays (pour nous la France) en une année. C’est donc un flux, un revenu – pas un stock de richesse quoi. Pour comparer avec une personne, le PIB pour la France correspond à ce que vous gagnez sur un an. Ce n’est pas ce qu’il y a dans les caisses de l’état (tout comme votre revenu sur une période n’est pas ce qu’il y a dans votre compte en banque).

D’après Eurostat, le PIB de la France en 2014 était de l’ordre de 2 100 milliards d’euro en 2014.

La croissance

Quand on parle de croissance, on parle de l’évolution de ce PIB d’une année sur l’autre. C’est quand même important de s’en rendre compte^^ ça veut dire que lorsqu’il n’y a pas de croissance on est loin de la fin du monde : on n’a simplement pas produit plus que l’an passé. Et si on est en décroissance (croissance négative) alors on a produit, mais pas autant que l’an passé. On est bien d’accord que ça ne veut pas dire qu’on a eu une production négative 😉

Pour refaire l’analogie avec le salaire, mettons que Max gagné 13000€ en 2014 et 13500€ en 2015 : la croissance de mes revenus est de 3,8%. Si Hélène a gagné 16000€ en 2014 et 15500€ en 2015, on observe une décroissance de ses revenus de 3,1%. Dans cet exemple, à choisir, je préfère être Hélène, même si elle connait une décroissance : tout ça pour dire que si ça a un sens de chercher la croissance, le fait de commenter un petit pourcentage isolé sans savoir d’où il vient l’est moins.

Pour info, d’après la Banque Mondiale, la croissance du PIB a été de 0,2% en France en 2014.

Pollution…

Si on vous propose un nouveau job, mieux payé : vous allez probablement l’accepter. Le salaire est en effet un indicateur important pour la prise de décision. Pourtant ça ne fait pas tout : si pour accepter le poste vous devez déménager dans un endroit que vous n’aimez pas, vivre loin de vos proches, faire un travail inintéressant avec des cons… vous allez peut-être y penser à deux fois avant d’accepter le poste.

En économie c’est pareil : le PIB ne dit pas tout. C’est mieux quand il augmente, mais pas a n’importe quel prix^^

On l’a vu dans la définition, quand on calcule le PIB, on ne prend pas en compte la dépréciation. Mais on ne prend pas non plus en compte la dégradation des ressources naturelles ! Deux pays qui produisent autant auront le même PIB, peut importe si l’un défonce toutes ses forêts et pollue toutes ses rivières alors que l’autre les préserve…

Inégalités

Niveau social, le PIB ne parle pas des inégalités. On mesure combien de richesse est créée dans le pays, mais on ne dit rien sur comment elle est répartie ! A l’extrême, on s’en foutrait pas mal d’augmenter la richesse si celle-ci ne profitait qu’à un petit groupe de personnes…

Pour refaire – encore – le parallèle avec le revenu, imaginez qu’en 2016 Max et Hélène gagnent à eux deux 31000€. Vu qu’ils ont gagné 29000€ en 2015, leur revenu global connait une croissance de 2000€ soit 6,9% : c’est bien :)

Enfin, si mettons Max a gagné 14500 et Hélène 15500€ c’est tout bénef pour les deux (+1000€ chacun). Mais imaginons que Max gagne en fait 12500€ en 2016 et Hélène 18500€ : le total fait encore 31000, donc on parle toujours du croissance de 6,9%. Pourtant, demandez à Max : c’est pas pareil !! Il préférait la situation où tout le monde voyait son revenu croitre de 6,9%, plutôt que celle où l’un connait une décroissance de 7,4% et l’autre une croissance de 19,3%…

C’est pareil avec le PIB : si la richesse augmente seulement pour certains et baisse pour d’autres, c’est pas forcément cool (même si au global, en moyenne, ça augmente).

L’importance des autres indicateurs

Du coup, voilà pourquoi c’est important de ne pas se focaliser sur le PIB et de regarder d’autres indicateurs. Par exemple, le numéro spécial du mensuel Alternatives Économiques (les chiffres 2016) propose entre autres le coefficient de Gini – mesure des inégalités – l’évolution de la dette publique et privée en % du PIB, l’évolution du taux d’investissement des entreprises, du taux de chômage en plus d’indicateurs sociétaux (part des jeunes déscolarisés, espérance de vie…).

Bonne réflexion 😉

2 réflexions au sujet de « PIB : une mesure de la richesse »

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