Religions

Les religions, nombreuses et diverses, sont souvent évoquées dans toutes sortes de conflits. Pourtant bien peu les connaissent… voici une liste de livre pouvant aider à mieux comprendre ces croyances.

.

Et l’homme créa les dieux

Pascal BoyerAuteur: Pascal Boyer / Paru en 2001

Comment expliquer la religion ?

Peut-être pensez vous que la religion permet d’expliquer les choses (les phénomènes naturels, les expériences mystérieuses, l’origine des choses, le bien et le mal). Peut-être pensez-vous qu’elle est un réconfort (face aux difficultés, à la mort). Peut-être encore est-elle pour vous un moyen de fonder l’ordre social (source de cohésion, fondatrice de la morale) ou alors peut-être qu’elle n’est pour vous qu’une superstition…

Si chacun de ces scénarios souligne un aspect important de la religion, ils n’expliquent pas les religions. La réponse, selon Pascal Boyer est ailleurs. D’après l’auteur, ce que nous savons du fonctionnement cognitif permet de penser que notre vision habituelle de la religion est complètement erronée.

Alors, pourquoi les gens croient-ils ?

La réponse, il la cherche dans le fonctionnement de notre cerveau et des « systèmes mentaux » qui le constitue. Après un exposé passionnant sur les croyances et leurs origines, l’anthropologue nous livre : « Toutes sortes de systèmes mentaux semblent faire usage de l’hypothèse que les ancêtres sont parmi nous ou que Dieu existe. Est-ce que cela nous rapproche d’une réponse à la question ‘Pourquoi les gens croient-ils?’ Oui. Pour moi, c’est plus ou moins la réponse à la question. »

Bonne réflexion 😉

 

Loué sois-tu

Pape François_Laudato siAuteur: Pape François / Paru en 2015

Conseillé par : Bénédicte

Laudato si (Loué sois-tu) est un nouveau livre du Pape François dans lequel il milite pour une prise en compte plus respectueuse de notre environnement ou « la maison commune » comme il dit. Comme dans son précédent livre (La joie de l’évangile), le Pape propose une analyse très pertinente du fonctionnement des économies modernes en insistant sur le fait qu’elles ne sont pas durables. « Laudato si », nous dit François, sont les mots du Saint dont il tire son nom de souverain pontife (saint François d’Assise), reconnu pour son humilité et son choix d’une vie sobre.

Comme pour son ouvrage précédent, je trouve ses réflexions très sensées. Le Pape François observe, comprend et nous dit justement que « tout est lié ». Ainsi les crises écologiques et économiques sont à appréhender ensemble, l’une ne pouvant pas être séparée de l’autre.

Le problème, selon moi, c’est qu’un homme de pouvoir critique la recherche du pouvoir… Sa conclusion est trop facile : c’est le manque de reconnaissance de Dieu qui est à l’origine de nos problèmes actuels. Comme il le dit, « toutes[les blessures], au fond, sont dues au même mal, c’est à dire à l’idée qu’il n’existe pas de vérité indiscutables qui guident nos vies, et donc que la liberté humaine n’a pas de limites. » Pourtant, des personnes qui font le mal au nom de Dieu il y en a plein et des personnes qui font le bien au nom de la morale (non conditionnée à une supposée existence divine) il y en a plein aussi.

On est dans le cas d’un conflit d’intérêt : comme un journal sponsorisé ou financé par une banque n’osera pas dénoncer des pratiques immorales de celle-ci de peur de perdre son gagne pain, le Pape comprend bien qu’il ne représente plus rien sur la scène internationale s’il ne ponctue pas son livre avec des « Jésus vous aime », « Marie veille sur vous » ou « Dieu d’amour a créé notre monde ». J’avoue même mettre posé la question : en quoi croit le Pape ? Il nous dit en effet : « la meilleure manière de m’être l’être humain à sa place, et de mettre fin à ses prétentions d’être un dominateur absolu de la terre, c’est de proposer la figure d’un Père créateur et unique maître du monde, parce qu’autrement l’être humain aura toujours tendance à vouloir imposer à la réalité ses propres lois et intérêts. » Un peut comme on dirait que la meilleure façon d’inciter un enfant à être sage c’est de lui faire croire au Père Noël, on dirait qu’il nous dit que la meilleure façon de contrôler l’humain, ce de lui faire croire en Dieu…

Bonne réflexion 😉

.

 

La joie de l’évangile

Pape François_joie évangileAuteur: Pape François / Paru en 2013

Conseillé par : Bénédicte

La joie de l’évangile est le livre du Pape François, le représentant des chrétiens. Pour être franc, ce livre m’a déçu. La raison, c’est qu’il n’apporte pas grand chose au débat. Le Pape François le dit très bien, il y a beaucoup à faire pour la Paix. Son analyse de la société est très bonne et je suis tout à fait d’accord avec lui quand il parle de la place de l’économie dans celle-ci. Il fustige les théories de la « rechute favorable » (on entend parfois parler de ruissellement ou trickle-down en anglais) qui veut que la croissance économique favorisée par le marché libre permet de créer des situations équitables et encourage l’inclusion sociale. Il rappelle, à juste titre, que l’économie et la finance doivent être au service de l’humain. Il rappelle encore que les riches doivent aider les pauvres. Malheureusement, la suite du livre n’est pas à la hauteur des attentes d’une personne qui assure vouloir promouvoir la paix, l’amour et le dialogue. D’abord, après avoir fait un état des lieux de notre monde, le Pape François ne cherche pas les causes des maux qu’il décrit. Pire, au lieu de cela, il invente les causes qui l’arrangent pour défendre ses idées et ses croyances. Je m’explique : quand il dit (p50) que la recherche du bénéfice à tout prix nous fragilise et qu’il n’est pas désirable de se faire gouverner par l’argent, il a raison. Mais quand il avance que « derrière ce comportement se cache le refus de l’éthique et de Dieu » il fabule. Il suffit de parler aux gens, de s’intéresser à l’histoire et à l’actualité pour se rende compte de toutes les bêtises (voire même atrocités) qui ont été commises au nom d’un dieu. Nous, les hommes et les femmes, sommes aussi tout à fait capables de nous battre pour des causes éthiques d’un coté tout en agissant de façon non équitable d’un autre, en même temps. Mais pour le Pape François, dire que le manque de religiosité est la base des maux de la société est dans son intérêt puisqu’il est le chef d’une des religions les plus répandues (en gros, s’il était PDG de Sanofi-Aventis, il dirait que la cause de la dépression de la société est le manque de consommation d’anti-dépresseurs…). Pourtant, le Pape François demande « à Dieu que s’accroisse le nombre d’hommes politiques capables d’entrer dans un authentique dialogue qui s’oriente efficacement pour soigner les racines profondes et non l’apparence des maux de notre monde ! ». C’est bien là le problème de son discours : il me semble que le Pape n’est pas prêt à faire les efforts qu’il demande aux autres. Il parle sans cesse de l’importance de l’évangélisation et de la croyance en la résurrection de Jésus Christ. Pourtant s’il espère convertir des personnes à sa religion, il faut bien que ses personnes acceptent de remettre en cause leurs croyances (alors que lui refuse de le faire). Je rajouterai que je ne trouve pas morale la façon dont le Pape défend ses croyances. Il utilise un champ lexical  inapproprié : il parle régulièrement de « vérité » et utilise des mots forts de sens (vrai, vraiment…) pour parler de croyances basées sur des écrits de « deux ou trois mille ans » pour reprendre son expression. Dans l’édition présentée en photo, le cardinal André Vingt-Trois rajoute même en préface que « nous savons de science certaine que Dieu ne nous abandonne pas. » Le Pape François encourage le dialogue et je supporte son initiative. Pour cela, je pense qu’il est important de choisir les mots justes et de les choisir de façon honnête, sans que cela ne viennent induire en erreur les lecteurs qui ne connaissent pas bien les sciences ou les religions. Néanmoins, toujours dans cet idée d’encourager le dialogue, je salue le fait que ce livre est librement consultable sur le web (ici). Je ne doute donc pas que les critiques argumentées seront bien reçues 😉

.

3 minutes pour comprendre : Les 50 plus grands courants religieux et spirituels

3 minutes_religionsAuteur: Russell Re Manning / Paru en 2011

Christianisme, Sionisme, Islam mais aussi Indouisme, Bouddhisme, Taoïsme ou Confucianisme… l’offre de religions est vaste. Si certaines sont médiatisées, toutes sont souvent largement méconnues. Ce livre de la collection  » minutes pour comprendre propose une introduction à 50 grands mouvements religieux afin de mieux nous aider à percevoir cette diversité. Cette collection propose un format de lecture (une fiche par page) rendant la lecture plus facile.

.

 

La liberté intérieure

liberté intérieureAuteur: Jacques Philippe / Paru en 2002

Mon avis est partagé sur ce livre de Jacques Philippe : sans aucun doute, je dirais que c’est un très bon livre. Un livre que je recommande volontiers. D’abord pour ses analyses : de la vie, du bonheur, du moi, de l’amour, des choix. Ensuite pour son optimisme : on est obligé de sourire quand on lit La liberté intérieure :)
Si j’osais, je dirais que les 50 premières pages sont les plus précieuses et méritent d’être lues et comprises. C’est la suite qui vient faire un peu d’ombre au tableau car je ne pense pas que tout ce qu’il dit au début ait vraiment besoin de s’appuyer spécifiquement sur la religion chrétienne. Surtout, la recherche du savoir et la volonté de comprendre sont des quêtes qui valent toujours la peine.
Néanmoins, ce livre est encore une fois très bon, il porte un message d’espoir que chacun pourra recevoir : pour cela je vous invite à l’ouvrir !

.

Laisser un commentaire