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Continuons avec les institutions principales de l’Union Européenne et intéressons-nous au Conseil de l’Union Européenne : késako ?

Le Conseil de l’Union Européenne est l’institution qui représente l’intérêt des États membres de l’UE. Il rassemble les ministres des gouvernements des États membres et c’est pour ça qu’on l’appelle aussi « conseil des ministres. »

Ne pas confondre !

Soyons clair (où du moins essayons, vous allez comprendre^^). Il faut bien distinguer :

  • le Conseil de l’Union Européenne ou « Conseil des Ministres » (celui dont on parle maintenant), qui réunit les ministres des pays membres,
  • le Conseil européen qui rassemble lui les chefs de gouvernements pour définir les orientations et les priorités politiques générales de l’UE (mais qui n’intervient pas directement dans le vote des lois comme le conseil des Ministres),
  • le Conseil de l’Europe qui est une institution distincte de l’Union Européenne (tous les membres de l’UE en font parti + 19 autres comme la Norvège ou la Russie).

Présentation

Le conseil de l’Union Européenne est la voix des États membres de l’UE. Il adopte la législation avec le Parlement européen et coordonne les politiques de l’union. Son siège est à Bruxelles où les ministres nationaux de chaque pays de l’UE s’y retrouvent. Les ministres sont habilités à engager l’action de leur gouvernement sur les points convenus lors des réunions : le Conseil de l’UE est, avec le Parlement européen, le principal organe de décision de l’Union Européenne.

En image (extrait de schéma de ConseilsMarketing.com) :

UE

Pouvoir législatif et budgétaire

Comme on l’a vu dans l’article sur le Parlement Européen, le Conseil de l’Union européenne  négocie et adopte la législation européenne (directives, règlements et décisions)  avec celui-ci, sur proposition de la Commission Européenne.

Conseil PV legislatifC’est aussi lui qui, toujours avec le Parlement, adopte le budget de l’Union Européenne (à partir d’un projet aussi émit par la commission). Pour avoir une idée des chiffres, le budget de l’Union Européenne était de 145 milliards d’euros en 2015 : c’est beaucoup en absolu mais ça ne représente en fait qu’1% du PIB des 28 États membres.

Politique de l’UE

Les ministres ne se réunissent pas de façon régulière (comme les députés au parlement) mais en fonction de la question inscrite à l’ordre du jour. Ainsi, s’il s’agit de l’environnement, ce sont les ministres de l’environnement qui vont se réunir, s’il s’agit des dossiers sur la justice, ce sont les ministres de la justice (appelé « garde des sceaux en France) etc. En tout le Conseil peut siéger en dix formations différentes. Outre l’adoption de lois, le rassemblement des membres des gouvernements permet de coordonner les politiques des pays de l’UE.

Les formations du conseil :

  • Le Conseil « Affaires économiques et financières » (ECOFIN) est responsable de la politique de l’UE dans les domaines de l’économie, la fiscalité et la réglementation des services financiers.
  • Le Conseil « Agriculture et pêche » (AGRIPÊCHE) gère les questions relatives à la production de denrées alimentaires, au développement rural et à la gestion des pêches.
  • Le Conseil « Compétitivité » a pour mission de renforcer la compétitivité et la croissance dans l’UE en couvrant quatre grands domaines : marché intérieur, industrie, recherche et espace.
  • Le Conseil des affaires étrangères est responsable de l’action extérieure de l’UE qui inclut la politique étrangère, la défense, la sécurité, le commerce, la coopération au développement et l’aide humanitaire.
  • Le Conseil des affaires générales (CAG) coordonne la préparation des réunions du Conseil européen et est responsable d’un certain nombre de domaines d’action transversaux (élargissement de l’UE, organisation institutionnelle…).
  • Le Conseil « Éducation, jeunesse, culture et sport » (EJCS) fournit un cadre de coopération entre les États  sur des domaines relevant de leur compétence.
  • Le Conseil « Emploi, politique sociale, santé et consommateurs » (EPSCO) a pour mission d’augmenter les niveaux d’emploi et d’améliorer les conditions de vie et de travail en protégeant la santé humaine et les consommateurs dans l’UE.
  • Le Conseil « Environnement » (ENV) est chargé d’adopter (avec le Parlement), une législation ambitieuse qui protège les habitats naturels, assure la propreté de l’air et de l’eau, garantit une élimination correcte des déchets, développe les connaissance des substances toxiques et encourage à s’engager sur la voie d’une économie durable.
  • Le Conseil « Justice et affaires intérieures » (JAI) développe la coopération et les politiques communes sur des questions transfrontalières, dans le but de créer un espace de liberté, de sécurité et de justice à l’échelle de l’UE.
  • Le Conseil « Transports, télécommunications et énergie » (TTE) s’emploie à créer des infrastructures et des marchés modernes, compétitifs et efficaces et à mettre en place des réseaux transeuropéens dans les secteurs du transport, des télécommunications et de l’énergie.

Sources

  • http://www.touteleurope.eu/l-union-europeenne/conseil-de-l-ue.html
  • http://www.consilium.europa.eu/fr/council-eu/configurations/
  • http://www.consilium.europa.eu/fr/council-eu/
  • http://www.consilium.europa.eu/fr/european-council/
  • http://europa.eu/about-eu/institutions-bodies/european-council/index_fr.htm
  • http://www.strasbourg-europe.eu/pays-membres,44987,fr.html
  • http://www.conseilsmarketing.com/promotion-des-ventes/comment-faire-du-lobbying-au-niveau-europeen

Le Parlement Européen

Tant qu’on est dans les institutions de l’Union Européenne restons-y : voyons maintenant le rôle du Parlement Européen :

Un parlement

Comme les autres parlements, le Parlement Européen est une assemblée où les députés élus se rassemblent pour voter des lois et contrôler la politique. En France aussi on a une assemblée. Elle est dite bicamérale car elle est divisée en deux chambres (l’Assemblée Générale et Sénat) alors que le Parlement Européen n’en a qu’une : il est monocaméral.Parlement EuropéenDans cette chambre donc, c’est 751 eurodéputés représentant les citoyens des Etats membres qui  se réunissent. Leur tâche principale est de représenter les plus de 500 millions de citoyens à l’échelle de l’UE et de défendre leurs intérêts devant les dirigeants européens et les autres institutions de l’UE.

Les eurodéputés sont élus tous les 5 ans au suffrage universel direct (i.e. tous les citoyens majeurs de l’UE peuvent voter). Dépendant de leur population, chaque état a au minimum 6 eurodéputés (par ex Chypre et Luxembourg) et au maximum 96 (Allemagne). La France, avec un peu plus de 66 millions d’habitants, en compte 74. Les députés européens ne peuvent pas exercés en même temps une autre fonction dans les institutions européennes ni être membre de son gouvernement ou parlement national.

Le siège du Parlement Européen est officiellement à Strasbourg : c’est là que ce trouve l’hémicycle (photo ci-dessus) où se déroulent 12 sessions plénières par an. Quatre jours par mois, tous les députés viennent à Strasbourg pour prendre des décisions. Le reste du temps, ils sont en Belgique, à Bruxelles, où il y a également un hémicycle (qui accueille les 6 minis sessions annuelles). Le secrétariat du Parlement Européen se situe dans un troisième pays : le Luxembourg.

Pouvoir législatif

Le pouvoir législatif, c’est le pouvoir de faire les lois. Les lois dans l’Union Européenne ce sont principalement des Règlements, des Directives et Décisions.

En fait quand l’UE veut établir une règle suivi par tous les États membres, elle adopte soit un Règlement (loi qui s’applique à tous, telle quelle), soit une Directive (résultat à atteindre avec pour chaque pays le soin de déterminer comment). Si la règle adoptée ne concerne qu’un nombre limitée de destinataire, on parle de décision.

Pour faire ses lois, le Parlement européen travaille avec une autre institution : le Conseil de l’Union Européen. On dit qu’ils partagent le pouvoir législatif. C’est la Commission Européenne qui émet des propositions législatives qui sont ensuite débattues et votées lors des sessions du Parlement Européen (le Parlement Européen, comme le Conseil, n’a pas l’initiative législative). Ensuite le Parlement et le Conseil de l’UE amendent et votent la loi par des aller-retour entre les deux groupes, un peu comme le font l’Assemblée Nationale et le Sénat en France.

Les lois portent sur des sujets comme la libre circulation, la sécurité alimentaire et la protection des consommateurs, l’environnement et la plupart des secteurs de l’économie.

Processus legislatif UEAfin de prendre leur décisions lors des assemblées plénières, les eurodéputés examinent les propositions dans des commissions qui peuvent proposer des amendements et établir des rapports, votés ensuite en session plénière (il y a actuellement 20 commissions parlementaires, chacune spécialisée dans un domaine comme le commerce international, la culture te l’éducation ou les affaires juridiques).

Pouvoir budgétaire

Le pouvoir budgétaire est le pouvoir de décider comment sera dépensé l’argent. C’est donc encore une fois avec le Conseil de l’Union Européenne que le Parlement fixe le montant global et la répartition des dépenses annuelles de l’Union Européenne et les recettes nécessaires pour financer ses dépenses.

Le schéma de décision est similaire à la procédure législative décrite au dessus : c’est d’abord la Commission Européenne qui élabore un projet de budget et le transmet au Conseil de l’UE et au Parlement Européen. Ensuite le Conseil adopte sa position (oui ou non avec des amendements) sur le budget et la transmet au Parlement en justifiant son choix. Le Parlement peut ensuite à son tour prendre position (qui inclut également des amendements) : en cas de positions divergentes entre le Parlement et le Conseil, un comité de conciliation se réunit alors pour mettre tout le monde d’accord (ou demander à la Commission une nouvelle proposition).

Le budget de l’Union Européenne s’élevait à 145 milliards d’euros en 2015 : c’est beaucoup en absolu mais ça ne représente qu’1% du PIB des 28 États membres.

Voici un lien vers une explication imagée très claire du processus : ici.

Pouvoir de contrôle

Le Parlement Européen, en tant que représentant des citoyens, contrôle le travaille de la Commission et des autres organe de l’Union Européenne. C’est par exemple lui qui approuve la composition de la Commission Européenne et élit son président. Le Parlement peut également poser des questions au Conseil de l’Union Européenne ou prendre la parole au début des séances du Conseil Européen (conseil composé des chefs d’États et de gouvernement de l’Union Européenne – à ne pas confondre avec le Conseil de l’Union Européenne dont on a parlé jusqu’ici).

Sources

  • www.europa.eu
  • Brochure sur le Parlement www.europarl.europa.eu
  • Vidéo reportage de Planet + : le Parlement Européen de Strasbourg, tout un monde
  • Vidéo de Public Sénat (05/06/2013) : Europe mode d’emploi  – Le pouvoir législatif
  • Mongaillard V. (2014) Pourquoi le parlement européen est à Strasbourg et Bruxelles ?, Le Parisien, 02/05/2014
  • Quelles sont les différentes institutions européennes ? (12/07/2014) sur www.vie-publique.fr
  • Les différents actes européens et leur classification (03/08/2010) sur www.vie-publique.fr
  • Définition du Pouvoir Législatif sur http://perspective.usherbrooke.ca
  • http://cor.europa.eu/fr/welcome/Pages/module-1-part-1.aspx
  • Les commissions parlementaires sur http://www.strasbourg-europe.eu
  • La procédure budgétaire, sur www.europarl.europa.eu sur http://www.europarl.europa.eu/ftu/pdf/fr/FTU_1.4.3.pdf

C’est quoi le capitalisme ? et le libéralisme ?

De nombreuses fois je me suis senti bête devant des gens qui parlaient de politique…               La raison ? Ils employaient des mots que je ne comprenais pas. Normalement quand on ne comprend pas un mot, on demande ce que ça veut dire. Mais quand il s’agit de politique… et bien non ! Quand on ne sait pas, on fait croire qu’on sait, c’est mieux^^ n’empêche qu’à force, on sait plus de quoi on parle !

Je vous propose donc ici la vision que j’ai pu me faire de trois notions dont on entend souvent parler, mais dont on parle peu : le Capital, le Capitalisme et le Libéralisme.

C’est quoi le capital ?
piketty_le capital

Je viens tout juste de finir de lire le livre du fameux économiste Thomas Piketty qui s’intitule « Le Capital au XXIème siècle » : 1000 pages !!! Et pourtant… je ne sais pas quoi répondre. C’est fou non ? Tellement tout le monde emploie ce mot comme il l’entend, il n’a plus de définition ! Pour ma part, quand j’emploie ce mot, je parle souvent des machines, outils… brefs des choses produites par l’homme et qui servent à produire d’autres choses (on dit « moyens de production »). Des fois, j’utilise « capital » pour parler d’un stock de « richesses » composé de titres de propriété (sur des biens meubles ou immeubles) et de placements financiers.

Mais bon, quand vous lisez le livre de Piketty, il nous dit que la nature du capital évolue dans le temps : il se composait apparemment majoritairement de terres il y a 2 siècles, il se compose en majorité aujourd’hui de biens immobiliers et de placements financiers. Maintenant quand on va sur Wikipedia on nous dit que le capital, en économie, se distingue des terres et des ressources naturelles : alors qu’un des économistes français les plus connus dit juste l’inverse !

Bref, avant de parler du capital, assurez-vous que la personne en face parle bien de la même chose, ça évitera beaucoup engueules complètement inutiles 😉

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C’est quoi le capitalisme ?

Ouille ! On fait quoi pour répondre à ça ? Pour ma part, vous l’avez vu, avant de commencer une discussion là-dessus je dis ce que j’entends par capitalisme : le fait qu’on laisse des personnes (ou des entreprises) être propriétaire des moyens de production, donc du « capital. » Beaucoup affirment que le but des entreprises est de faire du profit, on se doute alors que si des entreprises possèdent des moyens de production, c’est pour les utiliser dans l’objectif de faire du profit. Certains se permettent donc le raccourci de dire que le capitalisme c’est la recherche du profit.

On comprend alors l’existence de disputes complètement inutiles : imaginez deux personnes qui se tapent dessus l’un disant « le capitalisme c’est bien » et l’autre « le capitalisme c’est mal. » Si ça se trouve, les deux ont la même opinion. Par exemple :

« Il vaut mieux que l’Etat ne possède pas tout le capital et c’est pas plus mal que les entreprises puissent aussi y avoir accès, mais sans pour autant que la recherche du profit deviennent une priorité sur l’emploi, le bien-être au travail et la justice sociale. »

Mais chacun ayant une définition différente, le premier (qui dit que c’est « bien ») croit taper sur un communiste endurci, le deuxième (qui dit que c’est « mal ») pense casser la gueule à un trader fou prêt à fermer toutes les écoles du pays qui ne sont pas rentables… même s’ils ont la même opinion !

C’est quoi le libéralisme ?

Là, quoique je dise, ce sera polémique^^ mais tant pis! Voilà comment je vois les choses : je ne vais pas chercher bien loin en disant que dans le mot « libéralisme » il y a le mot « liberté » (bon d’accord, ya pas le « té » mais on fait comme si, d’accord?) L’idée c’est que des sociétés libres, où tout le monde vivait en harmonie avec des fleurs et des bisounours un peu partout et bien ça n’a jamais existé. D’après ce que j’ai pu lire, les sociétés où les hommes et femmes avaient l’air les plus libres de faire ce qu’ils voulaient étaient les sociétés des chasseurs-cueilleurs (avant la naissance de l’agriculture, c’était le cas partout). Les gens là étaient libres, dans le sens où il n’y avait aucun pouvoir politique pour leur imposer quoique ce soit. L’arrivée de l’agriculture (grosso modo il y a 10 000) a permis une amélioration de la productivité dans la production de nourriture. Grâce à ça, certains de nos ancêtre on pu faire autre chose de leur journées que manger et dormir, ce qui leur a donner le loisir de créer… des villes! (il y a environ 5000 ans).

Quand on vit sous son arbre ou dans une caverne, les décisions importantes de la journée sont : qu’est ce qu’on mange ? qui c’est qui s’occupe du feu ?  Quand on vit en ville, c’est une autre paire de manche ! Il faut prendre des décisions qui concernent tout le monde pour s’organiser, construire des édifices d’utilité publique, monter une armée (les premiers empires sont apparus il y a 4500 ans). On a donc besoin de Politique. Quand on pense que la démocratie a probablement été inventée 2000 ans plus tard par les grecs … on se dit que pendant au moins 2 millénaires, on ne s’emmerdait pas trop avec les libertés individuelles^^ Logiquement, les décisions ont été prises par ceux qui avaient le pouvoir de les prendre : les plus forts. Donc à l’origine, l’Etat comme on le conçoit aujourd’hui n’existait pas. Il n’est que le produit de l’évolution de jeux de pouvoir.

http://www.dreamstime.com/royalty-free-stock-photos-cute-chimpanzee-swinging-image26055198C’est très intéressant, parce que beaucoup définissent le libéralisme par opposition à l’Etat, dans le sens où l’Etat empêcherait les citoyens de jouir de leur liberté naturelle. Pourtant, quand on regarde ce qui se passait avant, quand il n’y avait pas d’Etat, soit on remonte très loin et on avait une vie proche de celle de nos amis les chimpanzés, soit on remonte un peu moins loin et on arrive dans des sociétés où le pouvoir était associé à la force et à la violence physique.

La façon dont je vois les choses, c’est qu’au fur et à mesure du développement de nos sociétés s’est posé la question de qui devait détenir le pouvoir, qui devait prendre les décisions. Est-ce qu’il faut définir des règles (des lois) qui viennent restreindre nos libertés ? Dans ce cas, qui a la légitimité pour le faire ? Ou est-ce qu’il faut au contraire ne toucher à rien et laisser les gens se débrouiller entre eux ?    Il suffit de regarder dans l’histoire pour se rendre compte que dire aux gens « faites tout ce que vous voulez » n’est pas une solution. Il suffit aussi d’un peu de bon sens philosophique pour comprendre que la vie ne vaudrait même pas la peine d’être vécue si un état centralisé venait prendre toutes les décisions à notre place. Entre libéralisme et communisme, peut être y a t-il un juste milieu ?

Je rajouterai que certains entendent le libéralisme simplement comme le fait de ne pas intervenir dans l’économie en disant qu’il vaut mieux laisser le marché s’autoréguler plutôt que de laisser l’Etat (et donc les hommes politiques) le faire. Ce qui n’est pas un mauvais argument^^ Le marché, c’est la rencontre entre les producteurs (les Offreurs) et les consommateurs (les Demandeurs) de biens et de services.

 

Si vous avez des remarques ou des définitions que vous pensez plus appropriées, je suis preneur :)

habiTv origine

stoppub

Dans la continuité de ma publiphobie, et donc pour ne pas perdre 1h par jour à me faire laver le cerveau par les publicités à la télé, je suis parti à la recherche d’une solution pour visionner mes vidéos quotidiennes d’information/divertissement sans pub.

La solution que j’ai retenue était donc de télécharger les replays-TV proposés par la plupart des chaines car le visionnage se fait ensuite sans pub !

Je me suis donc mis quotidiennement à télécharger mes émissions favorites via des logiciels tel que MediaCub, TV Downloader ou Captvty pour ensuite les transférer sur ma freebox pour les visionner.
Ça marchait plutôt bien mais c’était très pénible et répétitif de devoir tous les jours m’organiser pour télécharger manuellement mes émissions pour qu’elles soient disponibles au moment où je veux les visionner…

Automatisation

La réponse à ce problème c’est l’automatisation ! Mais comment automatiser l’utilisation d’un logiciel via une interface graphique ?
Ce n’est quasiment pas possible…
J’ai pourtant tester des solutions qui enregistrent ce qu’on clique et saisi au clavier pour les rejouer ensuite mais c’est très pénible à mettre en place et il ne faut vraiment pas grand chose pour que ça ne fonctionne plus (l’écran met trop de temps à se charger, l’interface a changé, les données ne sont plus les mêmes… ).

brefJe suis alors tombé sur un article qui expliquait comment écrire un script pour téléchargement automatiquement les épisodes de la série « Bref » : « Bref, j’ai fait un script python. » Ce script fonctionnait très bien et en le modifiant un peu, on pouvait télécharger d’autres émissions de canalplus…

Je me suis donc fait plusieurs scripts pour télécharger mes émissions quotidiennement ! Ce projet avait comme nom de code : « RegularAuto ».

Mais là encore avec le temps plusieurs problèmes se sont posés :
– je ne pouvais télécharger que les émissions de canalplus
– à chaque nouvelle émission je devais copier/coller le script et l’éditer ce qui compliquait ensuite la maintenance des scripts : si c+ modifie la façon d’accéder aux vidéos je dois modifier un à un tous les scripts
– le langage des scripts étaient le python et selon moi ce n’est pas le plus confortable pour développer
– c’était très compliqué de gérer l’ordonnancement des mes téléchargements et des transferts sur la freebox : si je lance tous les téléchargements ou les transferts en même temps ça rame et je n’ai pas mes émissions à temps, il faudrait pouvoir les ordonnancer intelligemment.

habiTv

Pour palier à tout ça j’ai décidé de lancer mon propre projet : habiTv ! Ecrit en Java : habiTv permet de télécharger automatiquement des émissions de plusieurs chaines.

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Les premières versions d’habiTv (jusqu’à la 4.0) étaient dénuées d’interface graphique, la configuration se faisait en modifiant les fichiers XML ce qui n’est pas du tout « user friendly »… Ce problème est maintenant résolu et habiTv peut être facilement utilisé via son IHM.

Dans ce projet, j’ai été soutenu dans ce projet par la communauté neo-net  et certains développeurs m’ont soumis des corrections de bug et des « plugins » pour que habiTv puisse télécharger sur de nouvelles chaines.
Je continue régulièrement à sortir des nouvelles versions suite aux modifications des chaînes et à ajouter des nouvelles fonctionnalités et des nouveaux contenus à télécharger.

J’utilise maintenant cette application depuis 2 ans et je pense que tout le temps que j’ai passé à la développer, je l’ai largement rattrapé en ne visionnant plus aucune publicité  ! Vous en prenez 20 minutes par jour en moyenne faites le calcul 😉

Publiphobie

La publiphobie : c’est la haine de la publicité.

Vous êtes vous posez la question de votre rapport avec la publicité ?

  • quel effet a-elle sur moi ? Parvient-elle à me manipuler ?
  • combien de temps elle me fait perdre ?

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« Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible. » : célèbre phrase prononcé par Patrick Le Lay, PDG. de TF1 résume bien la situation : l’objectif des chaines TV est de capter notre attention pour la revendre. Nous subissons avec ces publicités une agression mentale dans le but de nous manipuler pour consommer plus.

Contrairement à ce qu’on peut penser : ce n’est pas les pubs qui viennent se glisser entre les émissions et films, ce sont bien ces derniers qui sont produits/achetés pour mieux nous faire passer les pubs !
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La publicité est une pollution mentale et environnementale. Quelques statistiques là-dessus :

  • « 7% c’est le temps de publicité par rapport à l’ensemble des programmes des chaînes. Un pourcentage 2 à 7 fois moins élevé qu’en radio et en presse ».
  • à la télévision on a entre 9 et 12 min de temps de publicité par heure, limité à 6 heures par jour
  • « Chaque seconde, en France, 27 kilos de prospectus et imprimés publicitaires sont distribués dans les boîtes aux lettres ».
  • 89,1% des emails échangés sont du SPAM
  • « 2,5 milliards d’euros. C’est le montant des investissements réalisés en 2011 par les annonceurs français dans la communication online, »

On en veut à votre cerveau !

Beaucoup pense que c’est grâce à la publicité que beaucoup de chose sont gratuites mais rien n’est gratuit !

« Le coût d’un service financé par la pub est reporté sur les annonceurs, qui eux-mêmes le reportent sur le prix que paye le consommateur dans son panier de courses. »

Donc vous payez la fabrication de publicité qui vous pollue dans le but de vous manipuler.

stoppubPersonnellement, je ne vois rien de positif à cela et je m’attache à éviter la pub au maximum via des solutions simples et connues :

  • pub dans la boite au lettre : autocollant stopPub
  • spam -> filtre anti-spam
  • publicité dans les sites web -> extension adBlock pour firefox et chrome

Pour la radio et la télévision ça se complique car la pub est parfaitement incrusté dans le contenu.

Pour la radio, vous pouvez télécharger des podcasts de vos émissions préférés ils sont souvent sans pub. Vous pouvez les télécharger automatiquement via la plupart des outils de synchronisation de baladeur MP3 (Itunes, MediaMonkey, …) en couplant ça avec votre collection de mp3 vous obtenez une station de radio parfaitement ciblé à vos besoins et sans pub !

Pour la télévision, ça se complique encore un peu. La solution que j’ai mise en place consiste à télécharger les vidéos des replays TV sans pub.

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Il existe pour ça un très bon logiciel : Captvty qui permet de télécharger les replays tv de quasiment toutes les chaines. On peut ensuite regarder tranquillement son émission avec son lecteur vidéo préféré.

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Seul inconvénient : il faut télécharger tous les jours nos émissions, ça devient vite lassant. C’est là où intervient habitv qui comme captvty télécharge les replays mais de manière automatique !

Il est un peu compliqué à utiliser mais une fois bien configuré c’est comme si on avait sa propre chaine TV sans pub et qu’avec du contenu qui nous intéresse !

Il ne reste plus qu’à éviter les panneaux d’affichage… :)

Sources :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Antipub
http://www.csa.fr/Television/Le-suivi-des-programmes/Les-communications-commerciales/La-publicite
http://www.linternaute.com/television/dossier/05/publicite/chiffres.shtml
http://www.dolist.net/statistiques-pub-en-ligne-emailing-ecommerce/

La distribution automobile

SI vous voulez acheter une voiture neuve, vous n’allez pas la trouver en grande surface. En effet, les voitures neuves ne sont pas vendues n’importe où, le réseau de distribution automobile est un peu particulier.

  • Distribution sélective

Le modèle économique d’un constructeur de voitures n’est pas le même qu’un fabriquant de jouets. Le fabricant de jouets, en général, produit des jouets qu’il va ensuite vendre par différents canaux de distribution : internet, grandes-surfaces, magasins spécialisés… Par exemple, s’il existe des boutiques spécialisées Playmobil on peut aussi en trouver à Toys’r’us ou Carrefour. Dans cet exemple, le service après-vente est secondaire (quand c’est cassé on échange où on rachète).

Pour les grandes marques de voitures, c’est différent. Les constructeurs (Renault, PSA Peugeot-Citroën en France) ne vendent pas eux-mêmes leurs voitures mais contrôlent tout de même leur distribution. On parle pour cela de distribution organisée ou sélective puisqu’en pratique, les constructeurs peuvent sélectionner les concessionnaires qu’ils veulent par le biais de contraintes. En principe en Europe la loi empêche ce genre de pratiques et favorise la concurrence (c’est l’article 101 du traité de Rome). Mais dans le secteur de l’automobile, on tolère certaines entraves à la concurrence parce qu’on pense que, somme toute, c’est mieux pour le marché, la sécurité et les consommateurs concernés (voir l’article Secteur automobile : législation européenne).

  • Organisation

Dans le secteur de l’automobile, la distribution (vente) des voitures est liée à la réparation. Ce sont des activités complémentaires souvent regroupées aux mêmes endroits. Les points de vente et de réparation sont organisés en 3 réseaux : R1, R2 et R3. Ils diffèrent principalement par la taille de leur activité et le type de contrat qu’ils ont avec les constructeurs :

Réseaux automobile

Le réseau primaire (R1) comprend les succursales des constructeurs (qui appartiennent à une marque) et les concessionnaires (indépendants). On peut estimer à moins de 5000 le nombre de concessionnaires en France. Leurs principaux métiers sont la vente de véhicules neufs (VN), de véhicules d’occasion (VO), la vente de pièces de rechange (PR) et la réparation avec des services associés (financement, locations…). Mis à part les succursales, seuls les concessionnaires peuvent acheter des voitures directement aux constructeurs.

Le réseau secondaire (R2) comprend les agents de marques qui sont liés à un concessionnaire auprès de qui ils se fournissent (ils n’achètent pas directement aux constructeurs). Il y a avait environ 15 000 agents en France en 2002 (3 fois plus que les concessionnaires).

Les Mécaniciens Réparateurs automobiles (MRA) sont parfois appelés réseaux tertiaires. Leur métier est principalement la réparation des véhicules et la vente de véhicules d’occasions. Ils se fournissent auprès des réseaux primaires et secondaires.

D’autres spécialistes de l’automobile viennent compléter ce schéma. D’une part les distributeurs hors réseau tels que les mandataires (qui achètent pour le nom d’autrui) ou les revendeurs non agréés (qui achètent des véhicules en leur nom et les revendent, sans être attachés à une marque). D’autre part des entreprises spécialisées telles que les centres auto tels que Norauto ou Feu Vert (qui vendent des pièces détachées et réparent), les entreprises de réparation rapide (Speedy, Midas, Euromaster), les distributeurs stockistes (qui achètent et revendent des pièces) ou les carrossiers.

  • Plus d’infos

Bien sûr cet article ne présente que les grandes lignes du réseau de distribution automobile. Pour plus d’infos, voici quelques documents intéressants :

Vocabulaire Automobile par le groupe de conseil Advalorem-expertise
– Benjamin Morisse (2003) Stratégie et organisation du canal de distribution, une application au marché de l’automobile
–  Association Nationale pour la Distribution Automobile (2001) La distribution automobile 

Secteur Automobile : législation européenne

voiture UEComme les autres secteurs, celui de l’automobile est soumis à des règles définies au niveau de l’Union Européenne. Les voitures doivent d’abord suivre des standards particuliers au niveau de la construction et de la sécurité (le volant à gauche, sauf au Royaume-Uni par exemple) mais ce n’est pas ce qui nous intéresse aujourd’hui. Nous allons essayer de comprendre la législation qui s’applique à la distribution des automobiles. En effet, une fois construites, il faut les vendre ! Et comme sur les autres marchés, on ne fait pas ce que l’on veut^^

  • Quelle loi ? Réflexe Europa !

Quel que soit le secteur, si vous cherchez des renseignements sur la loi européenne, le plus simple c’est d’aller directement sur le site dédié : Europa.eu. Il est consultable dans plus de 20 langues ! Une fois que vous y êtes, vous allez à : Europa > Consulter la législation > Synthèse de la législation de l’UE : Synthèse UE

Nous on s’intéresse à l’automobile alors on va chercher la législation qui concerne les entreprises, plus particulièrement celles de l’industrie des véhicules à moteur. Dès fois il faut un peu chercher mais on finit par trouver : Voitures_UE_législation

  • Le but de la législation

En général, les législateurs n’aiment pas trop les monopoles (quand il n’y a qu’une seule firme présente sur un marché et donc pas de compétition). En effet, ces situations sont défavorables aux consommateurs, l’entreprise pouvant se permettre de fixer des prix très hauts. Plus de concurrence permet une baisse des prix et favorise normalement l’innovation. Pour préserver la compétitivité, on établit des règles (comme en sport).

Les règles sont adaptées au marché, ici celui de l’automobile. C’est un marché particulier, parce que tout le monde ne peut pas décider qu’il sera fabriquant de voitures : les investissements pour ça sont énormes. On dit qu’il y a des barrières à l’entrée qui limitent l’arrivée de nouveaux entrants. A cause de ça, les constructeurs (Renault, PSA Peugeot-Citroën en France) sont peu nombreux. Pour éviter notamment que les constructeurs n’abusent du pouvoir de marché que leur procure cette situation, l’UE a adopté un règlement.

  • Le Règlement n°461/2010/UE

La règle qui dit qu’il faut respecter la concurrence est établit depuis 1957 avec le traité de Rome qui établissait la Communauté Economique Européenne (il s’appelle aujourd’hui Traité sur le fonctionnement de l’Union Européenne – TFUE). Ce traité est long et, parmi ses articles, le numéro 101 est celui qui nous intéresse. Le premier paragraphe dit que les entreprises ne peuvent pas s’entendre pour fausser le jeu de la concurrence. Le deuxième article dit que de telles ententes ne vaudraient rien si elles se faisaient quand même. Le troisième paragraphe, c’est l’exception (en français on a l’habitude !). Il dit que si des accords ou ententes entre entreprises viennent améliorer la production, la distribution où l’innovation, alors on peut les accepter (et oublier le paragraphe 1 juste au dessus).

Et le règlement 461/2010/UE dans tout ça ? C’est quand même le titre de la section ! Avant de rentrer dans les détails voyons ce qu’on sait : c’est un règlement donc, contrairement aux directives, il s’applique tel quel dans tous les pays de l’Union (pour les directives, chaque Etat peut les appliquer un peu à sa sauce). Donc pour nous, c’est bien : on a fini notre travail quand on a vu le règlement (on n’a pas besoin d’aller faire un tour sur le site du gouvernement français ensuite^^). Le 461 ne nous dit pas grand-chose de plus que « c’est le numéro 461 » et le 2010 nous indique l’année d’adoption du règlement par la Commission Européenne.

Ça y est, on a compris le contexte alors on peut lâcher le morceau :

Le règlement 461/2010 est le texte qui dit, pour le secteur automobile, quand est-ce qu’on peut appliquer le paragraphe 3 de l’article 101 du TFUE (donc quand est ce qu’on peut oublier les règles de la concurrence). Voilà ! C’est bien ce qui nous intéresse : la règlementation qui régit la distribution de véhicules dans l’UE et dans quels cas les règles de concurrence habituelles ne s’appliquent pas.

  • Les règles

Avant 2010, le règlement en vigueur était le 1400/2002. Il était prévu qu’il soit modifié en 2010 et un rapport avait été réalisé dans ce but en 2008. Il a permis notamment de déterminer une catégorie d’accords dits verticaux (entre deux entreprises situées à des niveaux différents de la chaine de production, un fournisseur et son client par exemple) pour lesquels on peut appliquer le troisième paragraphe de l’article 101 du TFUE. Ces accords verticaux sont dits exemptés dans le nouveau règlement 2010. A noter que les changements qu’engendraient la nouvelle législation n’étaient pas à effet immédiat : les différents acteurs ont eu jusqu’à mai 2013 pour la mettre en application. Etant donné que ce délai est passé, intéressons-nous seulement à la version actuelle.

Le règlement 461/2010 établit une distinction entre les accords de distribution de véhicules automobiles neufs et les accords qui concernent l’après-vente (l’entretien).

– Pour la vente des véhicules neufs, le règlement ne prévoit plus d’exemptions (comme le faisait le précédent). A la place, il rappelle que c’est le Règlement Général d’Exemption par Catégorie (RGEC) n° 330/2010 que l’on applique. Ce règlement explique dans quels cas on peut appliquer le paragraphe 3 de l’article 101 du TFUE (encore celui-là !). En gros, les accords verticaux (pas très concurrentiels) sont tolérés pour les entreprises qui représentent moins de 30% du marché.

– Pour les pièces détachées et les services de réparation et d’entretien (l’après-vente), le règlement établi de nouvelles règles qui s’appliquent en plus de 330/2010. En gros, il est dit qu’on applique le règlement 330/2010 sauf dans 3 cas :

  1. Si les accords ont pour but d’empêcher les concessionnaires de fournir des réparateurs indépendants en pièces de rechange (de marque constructeur).
  2. Si le constructeur empêche son fournisseur de pièce de vendre à des réparateurs hors de son réseau de distribution (pour la même raison).
  3. Si le constructeur veut empêcher son fournisseur de pièces de mettre son logo sur les pièces qu’il produit.

L’Union Européenne, on l’a compris, souhaite qu’il y ait plus de concurrence sur le marché de l’après-vente afin que les prix baissent pour les consommateurs.

  • Liens utiles :

– Article UnFauxGlobe : c’est quoi l’Union Européenne ?

– Lien vers le règlement 461/2010/EU

– Lien vers le règlement 330/2010/EU

C’est quoi l’Union Européenne ?

L’Union Européenne est au centre de beaucoup de débats ces derniers temps. Crises politiques, question sur l’euro, nouvel entrant (la Croatie en juillet)… on en parle souvent, mais la connait-on vraiment bien ?

UE

Si j’écris ce post, c’est que je pense que non. Et c’est bien là le problème. L’Union Européenne est un projet unique, incomparable aux autres grandes régions du monde et donc pas facile à cerner. L’UE est encore bien loin d’être une sorte de grand état fédérale (comme les Etats-Unis) et bien plus qu’un simple accord de libre échange (comme l’ALENA passé entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique). Alors qu’est-ce que c’est ?

  • La gardienne de la paix

Rien que ça ! Et oui, l’UE a pour origine un accord économique conclu entre 6 pays concernant le charbon et l’acier juste après la seconde guerre mondiale. La France et l’Allemagne (la RFA à l’époque) sont tous deux signataires, avec l’Italie, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas : l’idée était d’aligner les intérêts économiques des pays pour éviter une nouvelle guerre. Ce rôle de maintien de la paix a d’ailleurs été reconnu puisque l’Union Européenne a reçu le prix Nobel de la paix en 2012.

Car, malheureusement ou pas, les guerres et l’économie sont liées. C’est bien pour avoir plus d’argent, ou contrôler plus de ressources, que les gens se tapent dessus… D’un autre côté, l’argument économique peut aussi venir empêcher la guerre (comme pour l’UE). En effet, si mon voisin à des ressources que je veux, mais que je peux les obtenir par le commerce, je n’aurai plus d’intérêt à user de la force (sinon je risque de perdre un partenaire). Ainsi l’économiste de l’Université de Lausanne Mathias Thoenig explique que :

–          lorsque deux pays se mettent à commercer directement, la probabilité de conflit diminue,

–          lorsque deux pays sont davantage ouverts aux échanges multilatéraux, cela augmente la probabilité de conflit entre eux.

On comprend bien que l’Europe, en intégrant des pays dans un même marché incitent ceux-ci à bien s’entendre : personne ne voudra tenter de prendre de force le bien de son voisin si cela doit l’exclure du jeu.

  • Le parlement, le conseil, la commission

C’est peut-être là la difficulté de l’UE : son système de fonctionnement est différent de celui d’un pays (puisque ce n’en est pas un !) et cela ne facilite pas la compréhension. Pourtant on pourrait le système européen à celui des Etats-Unis : outre atlantique, c’est le congrès qui vote les lois. Il y a deux chambres dans ce congrès : une, le sénat, est composée de 100 personnes (2 par Etat). C’est un peu notre conseil, que l’on appelle aussi conseil des ministres (ou conseil de l’UE). Le conseil a 28 membres, un par Etat : comme au Sénat étatsunien, les petits Etats y sont surreprésentés en terme de population, les grands y sous sous-représentés. Le conseil est là pour représenter l’intérêt général des gouvernements, ce sont les ministres des pays qui y siègent.

La commission, c’est un peu l’administration centrale de l’Union Européenne. C’est elle qui, le plus souvent, est à l’origine des textes de lois. Une fois qu’un texte est proposé par la commission, il doit être signé par le conseil et le parlement.

Le parlement, pour reprendre le parallèle avec les USA, c’est la chambre des représentants. Les membres y sont d’ailleurs élus directement par les citoyens (nous !) et les pays ont plus ou moins d’eurodéputés selon leur taille (même si la proportionnalité n’est pas vraiment respectée). La France a ainsi 74 représentants (dont José Bové !).

Il existe d’autres institutions dans l’UE, mais le conseil, la commission et le parlement sont ceux dont on parle le plus. Les autres sont le conseil européen, la Cour de Justice de l’Union Européenne, la Cour des Comptes Européenne et la Banque Centrale Européenne. Un conseil (lol) : il faut bien faire la distinction entre le conseil de l’UE (composés de ministres) et le conseil européen (composé des chefs d’Etats membres). Histoire d’en rajouter une couche, il y a aussi le Conseil de l’Europe, qui n’a rien à voir avec les deux autres conseils et qui est une organisation de défense des droits de l’Homme qui a 47 membres (bien plus que l’UE qui en a 28).

  • L’euro

Je n’aurais pas pu faire un post sur l’UE sans parler de l’euro, tant la monnaie est controversée aujourd’hui. L’idée, c’était au sein de l’UE d’utiliser tous la même monnaie pour faciliter les échanges, comme c’est le cas pour un pays (on n’imagine pas une monnaie différente par département). Cela permet d’éviter les frais de change et surtout les risques de change (car les valeurs des monnaies varient dans le temps). Comme tous les pays ne voulaient, ou pouvait pas adhérer à l’idée, tous les pays de l’union n’ont pas adopté l’euro. Aujourd’hui, le débat est lancé pour savoir s’il faut conserver l’euro tel quel, exclure certains pays de l’euro zone, ou alors revenir à l’ancien système des monnaies nationales. Une autre solution proposée est de créer une monnaie commune, mais pas unique (on aurait le franc et l’euro).

La première chose à dire, c’est que peu importe les opinions de chacun, le débat est légitime. Il est vrai que la monnaie commune enlève de la flexibilité aux gouvernements : un pays qui a du mal à rembourser ses dettes peut normalement pour lui faire perdre de sa valeur. Dans ce cas, la valeur de ses dettes diminue aussi et c’est plus facile de payer. Mais ça, on ne peut pas le faire dans une union monétaire, parce qu’il faudrait que tout le monde soit d’accord pour dévaluer la monnaie. Et pour que tout le monde soit d’accord, il faudrait un gouvernement supranational donc une union politique (on en est pas là !).

Ceci étant dit, on remarque que le terrain n’était pas forcément favorable au moment de la création de l’euro (après deux guerres !), mais ça a marché. Simplement parce que les pays avaient tout intérêt (et même économiquement) à ce que ça marche. On peut aussi penser que l’euro, même s’il n’est pas facile à gérer en période de crise, peut justement obliger les Etats à prendre des décisions communes et donc avancer vers cette union politique dont a besoin l’Union Européenne pour se faire mieux entendre sur la scène internationale.

  •       Point2vue

J’ai déjà donné un point de vue sur l’euro et le bienfait de son maintien dans le point précédent. Mais ce n’est qu’un argument, il y en a d’autres ! C’est justement ça qu’il faut comprendre : on n’est pas tout seul. Si on pense avoir la bonne solution, que notre idée est la meilleure, il faut se dire que les autres citoyens pensent pareil. La seule façon de savoir laquelle, parmi toutes les idées, est la plus appropriée, c’est de les entendre toutes et de comparer. Ensuite il faut bien savoir ce qu’on cherche : il y a beaucoup d’arguments économiques qui sont tout à fait valable à l’encontre de l’euro. Cependant l’économie n’est pas une fin en soi, mais un moyen. Un moyen qui par exemple peut aider à l’union des peuples. Des peuples qui seraient tellement unis qu’ils partageraient même leur monnaie 😉