Archives pour la catégorie Economie

Comptabilité : c’est quoi les OGA ?

Les entreprises qui souhaitent faire certifier leurs comptes s’dressent en règle général aux Experts-Comptables. Dans certains cas, ce travail peut être fait par d’autres organismes : les organismes de gestion agréés (OGA).

Pour les entreprises concernées, le fait d’adhérer à une OGA permet d’éviter une majoration de 25% du bénéfice imposable lors du calcul de l’impôt sur le revenu (mesure fiscale incitative).

OGA, c’est le terme générique qu’on emploie souvent pour regrouper deux choses :

  • les AGA : Associations de Gestion Agréés pour les contribuables des bénéfices non commerciaux (professions libérales)
  • les CGA : Centres de Gestion Agréés auxquels adhèrent les contribuables qui déclarent des bénéfices industriels et commerciaux (professions commerciales)

Attention ! Les OGA ne doivent pas être confondues avec les AGC, Associations de Gestion et de Comptabilité. En effet, les AGA et CGA ne sont pas autorisées à tenir les comptabilités pour le compte de leurs adhérents : cette mission étant exclusivement réservées aux Experts-Comptables ou au AGC.

Sources :

  • https://www.expert-comptable-tpe.fr/articles/oga-cga-aga-a-quoi-ca-sert-quel-role/
  • notes personnelles

Les Banques

Les banques sont très présentes dans nos économies et pour cause : que l’on soit un particulier, une entreprise, une institution ou une association on fait souvent appel à elles ! Mais les connait-on vraiment ?

Les différents types de banques

Toutes les banques ne font pas la même chose ! Pour y voir plus clair on distingue trois types de banques :

  1. La banque commerciale : celle qu’on connait tous en tant que particulier. C’est celle qui collecte l’argent déposé sur les comptes bancaires et le prête en se rémunérant sur le taux d’intérêt.
  2. La banque d’investissement : elle apporte des services spécifiques aux grandes entreprises. Elle est un intermédiaire pour les opérations dites du haut de bilan (emplois et ressources à long terme).
  3. La banque d’affaires : c’est une banque qui ne traite qu’avec les entreprises qu’elle accompagne dans le cas d’une introduction en bourse, d’une augmentation de capital, du rachat d’une entreprise…

En plus de ses banques, on comptera également la banque centrale qui est un peu la banque des banques (voir l’article sur la Banque Centrale Européenne).

Banques commerciales (commercial bank)

Les banques commerciales sont celles qui exercent les activités bancaires traditionnelles : elles reçoivent et gèrent les dépôts d’argent sur des comptes (on parle de banque de dépôt) et octroie des crédits et offre des produits de placements à une clientèle de particuliers et d’entreprises de petites tailles (banque de détail). Ses activités concernent donc le bas du bilan (financement court et moyen terme).

Banques d’investissement (investment bank)

Les banques d’investissements se focalisent sur les activités de conseil, d’intermédiation et d’exécution des opérations de haut de bilan (long terme). Goldman Sachs est une banque d’investissement par exemple, Lehman Brothers (qui a fait faillite en 2008) en était une aussi.

On a souvent parlé pendant la crise de 2008 du Class-Steagall Act : une mesure adoptée aux Etats-Unis après la crise de 1929 qui obligeait les banques a séparer leur activités de banques de dépôt et de banque d’investissement. Elle fut abrogée en 1999 sous l’administration Clinton.

Banques d’affaires (corporate bank)

Le concept de banque d’affaires est aujourd’hui assimilé à celui de banque d’investissement et ses activités en font souvent partie. Une banque d’affaire prend des participations dans des sociétés et monte des dossiers de financement d’entreprise.

Sources :

  • http://definition.actufinance.fr
  • www.cafedelabourse.com/lexique
  • http://www.memoireonline.com/04/11/4418/m_Impact-du-systeme-bancaire-sur-la-croissance-economique-dun-pays-cas-du-Rwanda6.html
  • http://blog.infine.com/quest-ce-quune-banque-de-finance-et-dinvestissement-2685

Qu’est-ce que la Microéconomie ?

La Microéconomie, c’est une branche de l’Économie qui étudie le comportement des individus et des entreprises. On parle de micro-économie par opposition à la macro-économie qui est la branche où l’on étudie l’économie dans son ensemble (c’est-à-dire le comportement d’un grand nombre d’individus et d’entreprises).

Microeconomie

L’approche bottom-up

Pour reprendre l’expression anglo-saxonne, la microéconomie étudie l’économie à partir de l’approche « bottom-up » (du bas vers le haut) : un peu comme quand on n’étudie le comportement des atomes pour comprendre les caractéristiques de l’objet qu’ils composent.

Dans le cas de l’économie, les atomes ce sont nous (les gens) et les entreprises. Les entreprises ont pour rôle de fabriquer des objets ou de rendre des services aux gens qui les achètent (ou à d’autres entreprises). Du coup, dans l’analyse microéconomique, on fait plutôt la distinction entre consommateurs et producteurs qui se « rencontrent » sur un marché, le lieu de transaction où les producteurs vendent et les consommateurs achètent.

En résumé, en microéconomie, on étudie les marchés par le bas, en observant les consommateurs et les producteurs.

Les modèles : représentations simplifiées de la réalité

Pour choisir un itinéraire, on utilise une carte qui est un modèle, c’est-à-dire un dessin simplifié de la réalité. De même un architecte peut modéliser un futur bâtiment à l’aide d’une maquette qui facilitera les discussions avec les décideurs. Un modèle est donc une abstraction permettant de mieux comprendre un objet complexe.

En microéconomie, on utilise aussi des modèles. Mais on comprend bien qu’on ne va pas modéliser les personnes avec des Playmobils (encore qu’on pourrait^^) : les économistes se servent du langage universel offert par les mathématiques.

Modèles du consommateur, du producteur et du marché

Quand on commence à étudier la microéconomie, on débute généralement par la modélisation du consommateur, celle du producteur et celle du marché.

Le programme du consommateur

Dans notre monde simplifié de la microéconomie, nous sommes des consommateurs… qui voulons consommer ! Pour ça nous avons un revenu qui nous permet d’acheter des biens et des services :

PlaymobilEt nous, en tant qu’économistes, on va chercher à comprendre la décision d’achat de notre Playmobil ! Pour ça on va faire une hypothèse : on part du principe que (ou on « fait comme si ») notre Playmobil – que nous appellerons Jean – est rationnel c’est-à-dire qu’il est capable de choisir entre plusieurs options celle qui lui apportera le plus d’utilité (i.e. qui sera la plus profitable pour lui). C’est un peu de ça dont on parle quand on parle des hypothèses des théories néo-classiques.

Vu qu’on n’est pas ici pour débattre de si c’est bien raisonnable de considérer qu’on est tous rationnels dans nos comportements d’achats (et de dire que quelqu’un de rationnel est quelqu’un qui agit dans son propre intérêt…), on va considérer que c’est quand même bien pratique ces simplifications pour pouvoir avancer dans l’analyse.

Donc Jean est un matheux soucieux de consommer le plus possible. Il a un budget de 10€ et entre dans un magasin où il n’y a que du riz à 1€ le kilo et du jus d’orange à 2€ le litre. S’il n’achète que du riz, il pourra en acheter 10 kilos, s’il n’achète que du jus d’orange, il pourra en acheter 5 litres. Cette contrainte du budget peut se représenter visuellement :

riz jus orangeEt on voit que Jean a en fait une multitude de choix qui s’offrent à lui : il peut acheter par exemple 3 litres de jus d’orange et 4 kilos de riz (3*2 + 4*1 = 10 le compte est bon !). C’est le point qui est dessiné sur le schéma. De la même façon, il peut choisir n’importe quel autre point sur la droite bleu, par exemple le point correspondant à l’achat de 3,5 litre de jus et 3 kilos de riz (3,5*2 + 3*1 = 10).

On a donc tracé en bleu une « contrainte de budget » pour utiliser le jargon des économistes. Si on remplace la quantité de jus d’orange par la lettre x et la quantité de riz par la lettre y, on peut l’écrire comme ça x*2 + y*1 = 10. C’est l’équation de la droite ! Certains préfèreront l’écrire y = 10 – 2x.

Les préférences

Maintenant qu’on sait ce que peut s’offrir Jean, on voudrait savoir c’est quoi qu’il va choisir (puisque c’est un peu notre but à nous, microéconomistes, d’étudier sa décision). On se doute que dans notre exemple, si Jean à très soif il préfèrera le jus et s’il a plus faim il préfèrera le riz.

Mais ces préférences, on ne va pas les représenter par des courbes aussi quand même ? Eh ben si ! On va simplement tracer des courbes qui correspondent à des préférences équivalentes ou, dit autrement, toutes les combinaisons de quantité de jus d’orange et de riz qui procureront la même satisfaction à Jean seront sur la même courbe :

C’est donc juste une façon de dessiner les préférences de Jean : on voit qu’il aimerait autant un sac contenant 3 litres de jus d’orange et 4 kilos de riz qu’un sac avec 5 litres de jus d’orange et 2 kilos de riz, parce que ces deux choix sont représentés par des points sur la même droite (celle du milieu).

On peut aussi dire que Jean préfère un sac avec 3 litres de jus d’orange et 4 kilos de riz qu’un sac avec 3 litres de jus d’orange et 3 kilos de riz, puisque cette deuxième option est sur une courbe inférieure (plus à gauche, en vert clair).

Courbes indifference

Les courbes vertes sont ainsi appelées « courbes d’indifférence ».

Le choix final

Comment savoir ce que Jean va choisir avec ses 10€ ? Rien de plus simple : parmi les options possible qui lui sont offertes (représentées par la première ligne bleue), il va opter pour celle qui lui plait le plus. Et pour savoir celle qui lui plait le plus, il suffit de regarder les courbes d’indifférences et de choisir la plus à droite parmi celles que Jean peut s’offrir (i.e. pas plus à droite que notre ligne bleue) :

Choix finalOn voit que, dans notre schéma, la courbe verte du milieu est la courbe qui représente les préférences les plus hautes atteignables étant donnée la contrainte de budget de Jean.

Jean étant un maximisateur, il optera pour l’option : 3 litres de jus d’orange et 4 kilos de riz.

Le programme du producteur

Toujours dans ce monde simplifié (modélisé) de la microéconomie, les entreprises sont des sortes de boites noires dans lesquelles des choses entrent (les matières premières et consommations intermédiaires) et d’autres sortent (la production) :

input outputOn emploie beaucoup les termes anglais input et output car ils sont intuitifs. Histoire de ne pas s’éloigner trop de notre premier exemple, imaginons l’entreprise ORANJUS qui fait du jus d’orange :

ORANJUSDe la même façon que notre consommateur Jean avait pour ambition de consommer le maximum selon sa contrainte budgétaire, notre entreprise ORANJUS a pour ambition de gagner le plus d’argent possible c’est à dire de maximiser son profit.

Pour cela ORANJUS va essayer de vendre son jus d’orange au prix le plus élevé tout en achetant ses oranges au prix le plus faible. En effet, en microéconomie, le profit est simplement la différence entre le chiffre d’affaires (prix*quantité vendue) et les coûts. Schématiquement, on appelle le profit « pi » (lettre grecque) et on écrit :

profit1Vu qu’en microéconomie on va faire l’hypothèse qu’on a beaucoup de concurrents qui produisent du jus d’orange aussi bon, on ne va pas pouvoir choisir notre prix (ORANJUS vendra au même prix que la marché et le prix sera un paramètre). La quantité produite va dépendre des choix des dirigeants de ORANJUS : on peut acheter beaucoup d’oranges et de machines et employer beaucoup de travailleurs pour produire plus par exemple. Du coup on note « Q » la quantité produite  et on écrit :

QC’est à dire que la quantité produite Q dépend du travail L (pour labor en anglais) et du capital K (qui englobe tout ce qui n’est pas du travail c’est à dire les machines presse-orange, l’usine… même les oranges pour simplifier ! enfin… si ça simplifie^^).

Et les coûts, ce sera ce que ORANJUS aura dépensé pour le travail et ce qu’elle aura dépensé pour le capital. En résumé, le profit c’est :

profit2vu que le cout du travail, en simplifiant, c’est le salaire (W pour wage en anglais) fois le nombre de travailleurs L (pour labor) et en notant Pk le cout du capital, voilà notre modèle mathématique de profit :

profit fonctionJusque là on a un modèle simplifié de la réalité qui va nous permettre de comprendre comment une entreprise peut fixer ses quantités pour maximiser son profit (donc la valeur de l’équation du dessus).

Là où sa commence à devenir un peu chelou pour quelqu’un qui n’a jamais fait de microéconomie, c’est la façon de représenter la fonction de production de l’entreprise (i.e. la relation qu’il y a entre les inputs L et K et l’output Q). En effet, voilà comment on la représente :

productionPourquoi tant de mal me direz vous ? En fait on cherche à utiliser une fonction suffisamment simple pour être manipulable mais tout en respectant certaines contraintes :

  • si on double tous les inputs (2 fois plus de capital et de fois plus de travail), on double l’output (la quantité produite). C’est par toujours le cas mais c’est pratique de raisonner comme ça,
  • la forme de la fonction est aussi intéressante :Cobb DouglasComme c’est un graphique à deux dimensions, on représente une courbe pour chaque niveau de production étudié avec Q1 représentant la production la plus élevée. Là où c’est cool, c’est que si on regarde une courbe, on voit que l’entreprise à le choix, dans une certaine mesure, entre travail et capital. C’est à dire qu’elle peut produire autant en diminuant les machines (K) et en employant plus de personnes (L), ce qui lui donne de la marge de manœuvre pour répondre à une hausse des prix des fournisseurs par exemple. ET comme la courbe s’écrase sur les coté, ça veut dire que le capital et le travail sont assez complémentaires : il arrive un moment où je ne peux pas baisser le nombre de mes machines sans baisser la production.

Voilà, le truc c’est que la résolution de cette maximisation du profit est un peu moins intuitive que pour le consommateur, il y a d’autres éléments à considérer. Mais le principe est le même : on modélise mathématiquement la situation en la simplifiant et on résout algébriquement et même graphiquement pour trouver quelle quantité de jus d’orange ORANJUS devra mettre sur le marché pour gagner le plus d’argent possible.

Le marché

Juste un petit mot sur le marché qui est simplement, en micro, la représentation de la rencontre entre les consommateurs et les producteurs. Voilà donc la fameuse courbe :

offre et demandeLa quantité de produits offerts sur un marché augmente quand le prix augmente, c’est pour ça que la courbe orange monte. La quantité demandée d’un produit diminue (en théorie !) quand le prix augmente : si c’est trop cher on achète pas. C’est pour ça que la courbe bleue diminue. Le marché étant le lieu de rencontre entre l’offre et la demande, c’est le point de rencontre de ces deux courbes qui permet de lire graphiquement le prix des produits vendus et en quelle quantité (exemple : 1€ le litre pour le jus d’orange pour 1 000 000 de litres vendus dans la ville de Jean).

Après en microéconomie on va étudier différents types de marchés : ceux où la concurrence est parfaite (pleins de producteurs, pleins d’acheteurs, tous les biens vendus identiques), ceux où il n’y a qu’un seul producteur (monopole) ou pas beaucoup (oligopole)…

Continuons avec les institutions principales de l’Union Européenne et intéressons-nous au Conseil de l’Union Européenne : késako ?

Le Conseil de l’Union Européenne est l’institution qui représente l’intérêt des États membres de l’UE. Il rassemble les ministres des gouvernements des États membres et c’est pour ça qu’on l’appelle aussi « conseil des ministres. »

Ne pas confondre !

Soyons clair (où du moins essayons, vous allez comprendre^^). Il faut bien distinguer :

  • le Conseil de l’Union Européenne ou « Conseil des Ministres » (celui dont on parle maintenant), qui réunit les ministres des pays membres,
  • le Conseil européen qui rassemble lui les chefs de gouvernements pour définir les orientations et les priorités politiques générales de l’UE (mais qui n’intervient pas directement dans le vote des lois comme le conseil des Ministres),
  • le Conseil de l’Europe qui est une institution distincte de l’Union Européenne (tous les membres de l’UE en font parti + 19 autres comme la Norvège ou la Russie).

Présentation

Le conseil de l’Union Européenne est la voix des États membres de l’UE. Il adopte la législation avec le Parlement européen et coordonne les politiques de l’union. Son siège est à Bruxelles où les ministres nationaux de chaque pays de l’UE s’y retrouvent. Les ministres sont habilités à engager l’action de leur gouvernement sur les points convenus lors des réunions : le Conseil de l’UE est, avec le Parlement européen, le principal organe de décision de l’Union Européenne.

En image (extrait de schéma de ConseilsMarketing.com) :

UE

Pouvoir législatif et budgétaire

Comme on l’a vu dans l’article sur le Parlement Européen, le Conseil de l’Union européenne  négocie et adopte la législation européenne (directives, règlements et décisions)  avec celui-ci, sur proposition de la Commission Européenne.

Conseil PV legislatifC’est aussi lui qui, toujours avec le Parlement, adopte le budget de l’Union Européenne (à partir d’un projet aussi émit par la commission). Pour avoir une idée des chiffres, le budget de l’Union Européenne était de 145 milliards d’euros en 2015 : c’est beaucoup en absolu mais ça ne représente en fait qu’1% du PIB des 28 États membres.

Politique de l’UE

Les ministres ne se réunissent pas de façon régulière (comme les députés au parlement) mais en fonction de la question inscrite à l’ordre du jour. Ainsi, s’il s’agit de l’environnement, ce sont les ministres de l’environnement qui vont se réunir, s’il s’agit des dossiers sur la justice, ce sont les ministres de la justice (appelé « garde des sceaux en France) etc. En tout le Conseil peut siéger en dix formations différentes. Outre l’adoption de lois, le rassemblement des membres des gouvernements permet de coordonner les politiques des pays de l’UE.

Les formations du conseil :

  • Le Conseil « Affaires économiques et financières » (ECOFIN) est responsable de la politique de l’UE dans les domaines de l’économie, la fiscalité et la réglementation des services financiers.
  • Le Conseil « Agriculture et pêche » (AGRIPÊCHE) gère les questions relatives à la production de denrées alimentaires, au développement rural et à la gestion des pêches.
  • Le Conseil « Compétitivité » a pour mission de renforcer la compétitivité et la croissance dans l’UE en couvrant quatre grands domaines : marché intérieur, industrie, recherche et espace.
  • Le Conseil des affaires étrangères est responsable de l’action extérieure de l’UE qui inclut la politique étrangère, la défense, la sécurité, le commerce, la coopération au développement et l’aide humanitaire.
  • Le Conseil des affaires générales (CAG) coordonne la préparation des réunions du Conseil européen et est responsable d’un certain nombre de domaines d’action transversaux (élargissement de l’UE, organisation institutionnelle…).
  • Le Conseil « Éducation, jeunesse, culture et sport » (EJCS) fournit un cadre de coopération entre les États  sur des domaines relevant de leur compétence.
  • Le Conseil « Emploi, politique sociale, santé et consommateurs » (EPSCO) a pour mission d’augmenter les niveaux d’emploi et d’améliorer les conditions de vie et de travail en protégeant la santé humaine et les consommateurs dans l’UE.
  • Le Conseil « Environnement » (ENV) est chargé d’adopter (avec le Parlement), une législation ambitieuse qui protège les habitats naturels, assure la propreté de l’air et de l’eau, garantit une élimination correcte des déchets, développe les connaissance des substances toxiques et encourage à s’engager sur la voie d’une économie durable.
  • Le Conseil « Justice et affaires intérieures » (JAI) développe la coopération et les politiques communes sur des questions transfrontalières, dans le but de créer un espace de liberté, de sécurité et de justice à l’échelle de l’UE.
  • Le Conseil « Transports, télécommunications et énergie » (TTE) s’emploie à créer des infrastructures et des marchés modernes, compétitifs et efficaces et à mettre en place des réseaux transeuropéens dans les secteurs du transport, des télécommunications et de l’énergie.

Sources

  • http://www.touteleurope.eu/l-union-europeenne/conseil-de-l-ue.html
  • http://www.consilium.europa.eu/fr/council-eu/configurations/
  • http://www.consilium.europa.eu/fr/council-eu/
  • http://www.consilium.europa.eu/fr/european-council/
  • http://europa.eu/about-eu/institutions-bodies/european-council/index_fr.htm
  • http://www.strasbourg-europe.eu/pays-membres,44987,fr.html
  • http://www.conseilsmarketing.com/promotion-des-ventes/comment-faire-du-lobbying-au-niveau-europeen

Le Parlement Européen

Tant qu’on est dans les institutions de l’Union Européenne restons-y : voyons maintenant le rôle du Parlement Européen :

Un parlement

Comme les autres parlements, le Parlement Européen est une assemblée où les députés élus se rassemblent pour voter des lois et contrôler la politique. En France aussi on a une assemblée. Elle est dite bicamérale car elle est divisée en deux chambres (l’Assemblée Générale et Sénat) alors que le Parlement Européen n’en a qu’une : il est monocaméral.Parlement EuropéenDans cette chambre donc, c’est 751 eurodéputés représentant les citoyens des Etats membres qui  se réunissent. Leur tâche principale est de représenter les plus de 500 millions de citoyens à l’échelle de l’UE et de défendre leurs intérêts devant les dirigeants européens et les autres institutions de l’UE.

Les eurodéputés sont élus tous les 5 ans au suffrage universel direct (i.e. tous les citoyens majeurs de l’UE peuvent voter). Dépendant de leur population, chaque état a au minimum 6 eurodéputés (par ex Chypre et Luxembourg) et au maximum 96 (Allemagne). La France, avec un peu plus de 66 millions d’habitants, en compte 74. Les députés européens ne peuvent pas exercés en même temps une autre fonction dans les institutions européennes ni être membre de son gouvernement ou parlement national.

Le siège du Parlement Européen est officiellement à Strasbourg : c’est là que ce trouve l’hémicycle (photo ci-dessus) où se déroulent 12 sessions plénières par an. Quatre jours par mois, tous les députés viennent à Strasbourg pour prendre des décisions. Le reste du temps, ils sont en Belgique, à Bruxelles, où il y a également un hémicycle (qui accueille les 6 minis sessions annuelles). Le secrétariat du Parlement Européen se situe dans un troisième pays : le Luxembourg.

Pouvoir législatif

Le pouvoir législatif, c’est le pouvoir de faire les lois. Les lois dans l’Union Européenne ce sont principalement des Règlements, des Directives et Décisions.

En fait quand l’UE veut établir une règle suivi par tous les États membres, elle adopte soit un Règlement (loi qui s’applique à tous, telle quelle), soit une Directive (résultat à atteindre avec pour chaque pays le soin de déterminer comment). Si la règle adoptée ne concerne qu’un nombre limitée de destinataire, on parle de décision.

Pour faire ses lois, le Parlement européen travaille avec une autre institution : le Conseil de l’Union Européen. On dit qu’ils partagent le pouvoir législatif. C’est la Commission Européenne qui émet des propositions législatives qui sont ensuite débattues et votées lors des sessions du Parlement Européen (le Parlement Européen, comme le Conseil, n’a pas l’initiative législative). Ensuite le Parlement et le Conseil de l’UE amendent et votent la loi par des aller-retour entre les deux groupes, un peu comme le font l’Assemblée Nationale et le Sénat en France.

Les lois portent sur des sujets comme la libre circulation, la sécurité alimentaire et la protection des consommateurs, l’environnement et la plupart des secteurs de l’économie.

Processus legislatif UEAfin de prendre leur décisions lors des assemblées plénières, les eurodéputés examinent les propositions dans des commissions qui peuvent proposer des amendements et établir des rapports, votés ensuite en session plénière (il y a actuellement 20 commissions parlementaires, chacune spécialisée dans un domaine comme le commerce international, la culture te l’éducation ou les affaires juridiques).

Pouvoir budgétaire

Le pouvoir budgétaire est le pouvoir de décider comment sera dépensé l’argent. C’est donc encore une fois avec le Conseil de l’Union Européenne que le Parlement fixe le montant global et la répartition des dépenses annuelles de l’Union Européenne et les recettes nécessaires pour financer ses dépenses.

Le schéma de décision est similaire à la procédure législative décrite au dessus : c’est d’abord la Commission Européenne qui élabore un projet de budget et le transmet au Conseil de l’UE et au Parlement Européen. Ensuite le Conseil adopte sa position (oui ou non avec des amendements) sur le budget et la transmet au Parlement en justifiant son choix. Le Parlement peut ensuite à son tour prendre position (qui inclut également des amendements) : en cas de positions divergentes entre le Parlement et le Conseil, un comité de conciliation se réunit alors pour mettre tout le monde d’accord (ou demander à la Commission une nouvelle proposition).

Le budget de l’Union Européenne s’élevait à 145 milliards d’euros en 2015 : c’est beaucoup en absolu mais ça ne représente qu’1% du PIB des 28 États membres.

Voici un lien vers une explication imagée très claire du processus : ici.

Pouvoir de contrôle

Le Parlement Européen, en tant que représentant des citoyens, contrôle le travaille de la Commission et des autres organe de l’Union Européenne. C’est par exemple lui qui approuve la composition de la Commission Européenne et élit son président. Le Parlement peut également poser des questions au Conseil de l’Union Européenne ou prendre la parole au début des séances du Conseil Européen (conseil composé des chefs d’États et de gouvernement de l’Union Européenne – à ne pas confondre avec le Conseil de l’Union Européenne dont on a parlé jusqu’ici).

Sources

  • www.europa.eu
  • Brochure sur le Parlement www.europarl.europa.eu
  • Vidéo reportage de Planet + : le Parlement Européen de Strasbourg, tout un monde
  • Vidéo de Public Sénat (05/06/2013) : Europe mode d’emploi  – Le pouvoir législatif
  • Mongaillard V. (2014) Pourquoi le parlement européen est à Strasbourg et Bruxelles ?, Le Parisien, 02/05/2014
  • Quelles sont les différentes institutions européennes ? (12/07/2014) sur www.vie-publique.fr
  • Les différents actes européens et leur classification (03/08/2010) sur www.vie-publique.fr
  • Définition du Pouvoir Législatif sur http://perspective.usherbrooke.ca
  • http://cor.europa.eu/fr/welcome/Pages/module-1-part-1.aspx
  • Les commissions parlementaires sur http://www.strasbourg-europe.eu
  • La procédure budgétaire, sur www.europarl.europa.eu sur http://www.europarl.europa.eu/ftu/pdf/fr/FTU_1.4.3.pdf

Que fait la Banque Centrale Européenne ?

Comme il y a le mot banque dedans, on se dit bien qu’elle doit gérer et prêter de l’argent… mais à qui ? Parce que moi je ne peux pas ouvrir un compte courant à la Banque Centrale Européenne… Essayons de comprendre :

Émission de pièces et billet

La Banque Centrale Européenne (couramment appelée BCE) est d’abord une banque centrale : c’est elle qui émet les billets et les pièces d’euro. Ainsi avant l’euro, il n’y avait pas de banque centrale européenne, il n’y avait que des banques centrales dans chaque pays : par exemple la Banque de France chez nous, qui gérait les pièces et billets en francs. Aujourd’hui la Banque de France n’a plus ce rôle d’émission de monnaie mais elle existe toujours et fait partie, avec la BCE et les 27 autres banques centrales nationales de l’Union Européenne, du Système européen de banques centrales (SEBC).

Un objectif : maitriser l’inflation

La BCE affiche un seul objectif, inscrit dans le traité sur le fonctionnement de l’Union Européenne : « l’objectif principal du Système européen de banques centrales […] est de maintenir la stabilité des prix. » La FED (Federal Reserve, banque centrale des Etats-Unis) a quant à elles plusieurs objectifs : lutter contre l’inflation mais aussi soutenir la croissance et lutter contre le chômage.

Pour atteindre cet objectif de stabilité de l’euro, la BCE peut émettre plus ou moins de monnaie: on comprend bien que si la banque centrale décidait d’inonder le marché avec plein de billets, les prix et donc l’inflation augmenterait… la maitrise de la « planche à billet » est donc un premier moyen d’action, mais pas le seul :

Fixation des taux directeurs

Quand j’ai besoin d’argent, je peux demander à un copain ou souscrire un prêt auprès d’une banque  – dite commerciale.  Pour ces banques c’est pareil : quand elle ont besoin d’argent elles peuvent demander aux autres banques ou à la banque centrale.

Si votre banque vous propose un prêt avec un taux d’intérêt de 5%, vous n’accepterez pas la proposition de votre copain de vous prêter à 10%… Le même raisonnement est valable pour les banques est on comprend vite pourquoi le taux auquel la banque centrale prête aux autres banques va déterminer les taux d’intérêt entre elles et ceux proposés aux autres gens/entreprises. Visuellement :

Banque Centrale

Contrôle de la masse monétaire

Comme on vient de la voir, la banque centrale est la banque des banques : en effet, chacune d’elles doit obligatoirement avoir un compte ouvert auprès de la banque centrale et doit y laisser une partie de l’argent dont elle dispose (sa trésorerie). C’est ce qu’on appelle les réserves obligatoires et ce sont elles qui vont donner à la banque centrale un autre moyen d’action : là aussi, on comprend facilement que si la BCE augmente les réserves obligatoires, les banques auront moins d’argent à prêter et, pour faire face à la demande de crédit de leurs clients, devront elle même emprunter à… la BCE ! Au taux qu’elle aura choisi 😉

Ainsi si la BCE estimait qu’il fallait réduire l’inflation, elle pourrait tenter de diminuer la masse monétaire (i.e.  la quantité de monnaie – pas seulement les pièces et billets) de la zone euro en augmentant les réserves obligatoires et en maintenant un taux directeur élevé.

Supervision des banques commerciales

La banque centrale a aussi un rôle de contrôle : elle surveille que les banques commerciales sont bien solvables et qu’elles respectent bien la réglementation en vigueur dictée par des accords à trois balles (bon d’accord en fait c’est les Accords de Bâle III qui sont des réglementations bancaires signées dans la ville de Bâle en Suisse – mais avouez que la blague était facile :) )

Gestion de réserves de monnaie étrangère

La banque centrale détient des réserves de devises étrangères qu’elle utilise (c’est à dire qu’elle vend ou qu’elle achète) sur le marché des changes (i.e. marché où on peut acheter ou vendre des devises) pour ajuster la parité, c’est à dire la valeur de sa monnaie par rapport aux autres. Par exemple si l’euro baisse par rapport au dollar, donc si 1€ valait 1,2$ hier et ne vaut plus que 1,1$ aujourd’hui, la BCE peut décider d’acheter des euros contres des dollars : la demande pour l’Euro va augmenter et donc sa valeur, celle des dollars (que l’on vend) va diminuer et donc sa valeur aussi.

Autres missions

Une fois tout ce travail effectué, la BCE ne s’arrête pas là puisque elle collecte aussi, avec les banques centrales nationales, des informations statistiques nécessaires pour les prises de décisions. Elle entretient également des liens avec les autres institutions de l’Union Européenne ou au niveau mondial.

Sources :

  • www.ecb.europa.eu
  • Youtube : what is the purpose of the central banks? (May 2013) de EsteGroupBankAG
  • www.bforbank.com

 

 

PIB : une mesure de la richesse

Pour mesurer la richesse, on a inventé un outil : le « PIB ». C’est un outil statistique (donc un nombre) qu’on calcule en général en euros.

Dans la comptabilité, on parle pas de richesse mais de « valeur ajoutée » -> le PIB est donc la somme des valeurs ajoutées produites en France (d’où le produit « intérieur » parce que c’est la richesse produite à l’intérieur de la France).

La valeur ajoutée, c’est ce qui est créé véritablement par une entreprise. Si un menuisier achète du bois pour fabriquer une porte, le bois acheté est une consommation intermédiaire, produit par une autre entreprise – cen’est donc pas une valeur ajoutée par le menuisier. On a donc :

Valeur ajoutée = valeur de la production – consommation intermédiaire

Bon, ya pas que les entreprises qui créent de la richesse, on est bien content des services rendus par les administrations publiques aussi ! (sécurité, santé, justice, enseignement…). Pour eux on parle de valeur ajoutée des productions « non marchandes » (on valorisent alors ses services au prix que ça coute à l’état). Et pour les entreprises, on parle donc de production marchande.

Quand on additionne toutes les valeurs ajoutées (secteurs marchands et non marchands), on obtient le PIB : Produit Intérieur Brut :) On dit brut parce qu’il est calculé sans effectuer de déductions pour la dépréciation des biens fabriqués (ou la perte de valeur).

Une courte vidéo [3 minutes] de « Dessine moi l’éco » est disponible sur youtube :

Le PIB sert donc a mesurer la richesse créée dans un pays (pour nous la France) en une année. C’est donc un flux, un revenu – pas un stock de richesse quoi. Pour comparer avec une personne, le PIB pour la France correspond à ce que vous gagnez sur un an. Ce n’est pas ce qu’il y a dans les caisses de l’état (tout comme votre revenu sur une période n’est pas ce qu’il y a dans votre compte en banque).

D’après Eurostat, le PIB de la France en 2014 était de l’ordre de 2 100 milliards d’euro en 2014.

La croissance

Quand on parle de croissance, on parle de l’évolution de ce PIB d’une année sur l’autre. C’est quand même important de s’en rendre compte^^ ça veut dire que lorsqu’il n’y a pas de croissance on est loin de la fin du monde : on n’a simplement pas produit plus que l’an passé. Et si on est en décroissance (croissance négative) alors on a produit, mais pas autant que l’an passé. On est bien d’accord que ça ne veut pas dire qu’on a eu une production négative 😉

Pour refaire l’analogie avec le salaire, mettons que Max gagné 13000€ en 2014 et 13500€ en 2015 : la croissance de mes revenus est de 3,8%. Si Hélène a gagné 16000€ en 2014 et 15500€ en 2015, on observe une décroissance de ses revenus de 3,1%. Dans cet exemple, à choisir, je préfère être Hélène, même si elle connait une décroissance : tout ça pour dire que si ça a un sens de chercher la croissance, le fait de commenter un petit pourcentage isolé sans savoir d’où il vient l’est moins.

Pour info, d’après la Banque Mondiale, la croissance du PIB a été de 0,2% en France en 2014.

Pollution…

Si on vous propose un nouveau job, mieux payé : vous allez probablement l’accepter. Le salaire est en effet un indicateur important pour la prise de décision. Pourtant ça ne fait pas tout : si pour accepter le poste vous devez déménager dans un endroit que vous n’aimez pas, vivre loin de vos proches, faire un travail inintéressant avec des cons… vous allez peut-être y penser à deux fois avant d’accepter le poste.

En économie c’est pareil : le PIB ne dit pas tout. C’est mieux quand il augmente, mais pas a n’importe quel prix^^

On l’a vu dans la définition, quand on calcule le PIB, on ne prend pas en compte la dépréciation. Mais on ne prend pas non plus en compte la dégradation des ressources naturelles ! Deux pays qui produisent autant auront le même PIB, peut importe si l’un défonce toutes ses forêts et pollue toutes ses rivières alors que l’autre les préserve…

Inégalités

Niveau social, le PIB ne parle pas des inégalités. On mesure combien de richesse est créée dans le pays, mais on ne dit rien sur comment elle est répartie ! A l’extrême, on s’en foutrait pas mal d’augmenter la richesse si celle-ci ne profitait qu’à un petit groupe de personnes…

Pour refaire – encore – le parallèle avec le revenu, imaginez qu’en 2016 Max et Hélène gagnent à eux deux 31000€. Vu qu’ils ont gagné 29000€ en 2015, leur revenu global connait une croissance de 2000€ soit 6,9% : c’est bien :)

Enfin, si mettons Max a gagné 14500 et Hélène 15500€ c’est tout bénef pour les deux (+1000€ chacun). Mais imaginons que Max gagne en fait 12500€ en 2016 et Hélène 18500€ : le total fait encore 31000, donc on parle toujours du croissance de 6,9%. Pourtant, demandez à Max : c’est pas pareil !! Il préférait la situation où tout le monde voyait son revenu croitre de 6,9%, plutôt que celle où l’un connait une décroissance de 7,4% et l’autre une croissance de 19,3%…

C’est pareil avec le PIB : si la richesse augmente seulement pour certains et baisse pour d’autres, c’est pas forcément cool (même si au global, en moyenne, ça augmente).

L’importance des autres indicateurs

Du coup, voilà pourquoi c’est important de ne pas se focaliser sur le PIB et de regarder d’autres indicateurs. Par exemple, le numéro spécial du mensuel Alternatives Économiques (les chiffres 2016) propose entre autres le coefficient de Gini – mesure des inégalités – l’évolution de la dette publique et privée en % du PIB, l’évolution du taux d’investissement des entreprises, du taux de chômage en plus d’indicateurs sociétaux (part des jeunes déscolarisés, espérance de vie…).

Bonne réflexion 😉

Stratégies d’auto-illusion : optimisme de défense vs pessimisme de défense

Cet article est un peu particulier : c’est l’explication de mon mémoire de Master. C’est un travail de recherche en Economie, plus particulièrement en Economie Comportementale : la branche  qui étudie nos comportements (psychologie) et leurs impacts sur nos décisions économiques.

Introduction

L’idée était de reprendre un travail de recherche réalisé par Jean Tirole (Economiste français, Prix Nobel en 2014) et Roland Bénabou (Economiste américain). Ils avaient publié en 2002 un article intitulé « self-confidence and personal motivation » dans lequel ils utilisent la méthode économique – i.e. la modélisation mathématique – pour comprendre le lien entre la confiance en soi d’une personne et sa motivation à faire un effort.

Comme souvent en économie, on part de l’offre et de la demande^^ dans notre cas, on cherche donc c’est quoi la demande et l’offre de confiance en soi 😮 Dit autrement : pour quelle raison souhaitons nous avoir confiance en nous ? (demande de confiance en soi), et comment devient-on plus confiant ? (offre de confiance en soi).

Côté demande, on apprend qu’il y a trois raisons pour lesquelles on peut rechercher la confiance en soi :

  1. parce que c’est plaisant, on retire une utilité à être confiant,
  2. pour faire passer un message : si votre interlocuteur vous sent confiant, il aura plus de facilité à vous faire confiance à son tour,
  3. parce qu’on en a besoin pour se motiver à faire une tâche difficile, un effort.

En fait le travail de Tirole et Bénabou se concentre sur le 3ème type de demande de confiance en soi, celle qui permet de se motiver à faire un effort (d’où le titre^^). Il étudie plus précisément ce qu’ils nomment l’optimisme défensif, c’est à dire la situation où une personne va maintenir artificiellement un niveau élevé de confiance en soi pour se motiver à entreprendre une action. Comment va-t-on maintenir ce niveau de confiance ? en d’autres termes : d’où vient l’offre de confiance en soi ? de… l’auto-illusion ! C’est en quelque sorte en nous mentant à nous même qu’on va pouvoir se motiver 😉

Pour le dire crument : soit on évite de regarder la réalité en face, soit on l’oublie (une fois que c’est trop tard et qu’on y a déjà été confronté). C’est ça qui nous permet de garder la confiance^^

Le modèle initial

Un modèle, c’est une représentation simplifiée de la réalité. C’est marrant, parce que souvent ces modèles « simplifiés » sont tout sauf simples :) Mais la réalité, elle, est très très complexe…

Dans leur modèle, Jean Tirole et Roland Bénabou imaginent un monde avec un individu (appelons le Tom) qui doit faire un effort. La question, qu’on se pose tous dans la situation de Tom, c’est : est-ce que ça en vaut vraiment la peine ?

Deux hypothèses sont faites sur Tom :

– la première c’est qu’il ne sait pas vraiment ce que va lui couter l’effort (est-ce que c’est si chiant que ça ?) ni ce que ça va lui apporter de le faire. En langage économique, on dit qu’il a une connaissance imparfaite des couts et des bénéfices associés à l’effort. On peut dire, en quelques sortes, qu’il ne connait pas bien ses habiletés.

– la seconde, c’est que l’habileté et l’effort sont complémentaires pour réussir l’action à entreprendre. En gros, même si on est très doué mais qu’on ne fait rien ça ne marchera pas et même s’il y a juste un tout petit effort à faire, on y arrivera pas si on est vraiment nul (le talent et l’effort ne se compensent pas mais on besoin l’un de l’autre, comme une chaussure droite et une chaussure gauche).

En plus de ça, on oublie pas que Tom est, comme un peu tout le monde, incohérent temporellement. Ca veut dire quoi ? simplement qu’on a une préférence un peu trop prononcée pour le présent (Carpe Diem^^) et qu’on a du mal à évaluer objectivement le futur.

Le monde de Tom

Le monde de Tom est un peut particulier : il ne comprend que 3 périodes :

dans la première période (t=0) Tom doit choisit s’il va, en période 2 (t=1) s’ouvrir au monde et donc adapter son niveau de confiance en soit aux informations qui lui parviendront (qui pourront être des bonnes ou des mauvaises nouvelles).

dans la deuxième période (t=1), Tom reçoit ou non des infos du monde extérieur (selon son choix en t=0) et, d’après son niveau de confiance en soi, décide de faire ce fameux effort ou pas. S’il le fait, il en paye le prix tout de suite et ne recevra les gain (potentiels) que plus tard, en t=2. Sinon, il ne paye ni ne gagne rien.

dans la troisième période (t=2), il ne se passe rien si Tom n’a rien fait avant. S’il avait fait l’effort et que celui-ci était utile, il percevra ses bénéfices. Si l’effort n’a servi à rien (et la c’est juste une histoire de chance), il ne gagne rien non plus…

Pour résumer :

Tirole et BénabouLe choix en période t=0 :

Qu’est ce qui va orienter le choix de Tom, en période 1, de mettre ou non les boules quies ? S’il les met, il n’apprendra rien en t=1 qu’il ne savait pas en t=0 et donc sait qu’il gardera inchangé le niveau de confiance en lui qu’il a en t=0. C’est marrant : on définit la confiance en soi de Tom comme sa croyance sur son niveau d’habileté.

Par contre, s’il ne les met pas, il va pouvoir recevoir des infos qui vont lui permettre de mettre à jour ses croyances sur ses capacités : soit à la hausse si elles sont positives, soit à la baisse si elles sont négatives…

On peut donc raisonnablement penser que son choix va dépendre de :

– du bénéfice attendu de l’effort et du cout qui lui est associé,

– de son niveau initial de confiance en lui,

Résultats

Comme on pouvait s’en douter, le modèle montre (une fois tous les calculs bien faits^^) que Tom aura tendance à mettre les boules quies s’il a au départ une confiance en lui élevée. On parle d’optimisme défensif parce que c’est bien pour défendre son optimisme envers ses capacités que Tom va choisir de ne pas regarder la réalité en face.

Le modèle va plus loin et propose d’étudier auto-sabotage : quand il est plus important de ne pas perdre que de gagner, on va se créer nous même des obstacles qui nous servirons d’excuses (ex : je me prends une cuite avant un exam pour que je puisse attribuer mon échec à l’alcool plutôt qu’à un manque de capacité…).

Jean Tirole et Roland Bénabou étudient même dans une deuxième partie l’autre composante de l’offre après la sélection de l’information : l’oubli. Même si la malléabilité de notre mémoire est un concept très intéressant (voire même flippant^^), on s’en tiendra pour aujourd’hui à notre capacité à n’entendre que ce qui nous plait (c’est déjà pas mal !).

Le travail du mémoire

En Economie, on l’a donc compris, on fait des modèles avec des hypothèses simplificatrices pour tenter de comprendre le monde qui nous entoure :) Dans ce processus, le choix des hypothèses peut être déterminant. C’est ce qu’on va voire maintenant en étudiant ce qu’il se passe quand on change les hypothèses de base.

On va essayer de voir ce que ça fait si on considère que l’habileté et l’effort sont des substituts (au lieu d’être complémentaires comme avant). Il y a des situations où si on est très doué, on peut réussir sans faire trop d’efforts et on peut s’attendre à ce que cela ait un impact sur notre motivation^^

On va aussi essayé de voir ce que ça fait de changer le timing du modèle de base : est-ce que si on inverse le cours des choses et qu’on perçoit les fruits de notre effort immédiatement (en t=1) en supportant les cout que plus tard (en t=2) ça va changer quelque chose dans notre motivation ?

Du coup on a deux hypothèses avec chacune deux variantes : ça fait quatre situations à étudier. Voilà un tableau qui les énumère :

Habileté & Effort

Timing

Concept étudié

Objet de l’auto-illusion

Bénabou & Tirole (2002)

Compléments

Cout immédiat et bénéfice retardé

Optimisme défensif

Encourager l’effort

Déviation 1

Compléments

Bénéfice immédiat et cout retardé

Déviation 2

Substituts

Cout immédiat et bénéfice retardé

Déviation 3

Substituts

Bénéfice immédiat et cout retardé

Les travaux initiaux de Jean Tirole et Roland Bénabou ont permis d’étudier le pessimisme défensif : Tom se cache la réalité pour maintenir sa confiance en soi et se motiver à faire un effort.

Voyons ce que fait Tom dans les trois autres cas :

Deviation 1 : on ne change que le timing

Ce qu’on fait ici, c’est qu’on prend le même modèle que celui inventé par Tirole et Bénabou, avec tout pareil (c’est toujours le même Tom dans le même monde imaginaire) sauf que s’il décide de faire un effort, il en reçoit les fruits sans attendre (en t=1) et n’en subira les couts qu’après (t=2). En ne changeant qu’un seul paramètre, on est sur que le changement dans le résultat sera attribuable à celui-ci.

Ca peut paraitre pas grand chose de modifier le moment où on paye et celui où on reçoit. Après tout, quand on va au fast-food on paye avant de manger alors qu’au restaurant traditionnel on mange et on paye ensuite… sans que ça ait l’air de rien changer à notre décision d’aller manger ici ou là^^ Et pourtant c’est important : on a dit que notre Tom est incohérent temporellement : ça veut dire que si on paye au même moment que la commande, ben on va peut être pas prendre la grande frite et la grande boisson parce qu’on sent tout de suite la différence. Par contre si au milieu du repas on tombe à court de ce bon vin on réfléchie pas trop : on commande une autre bouteille et on verra bien à la fin ce que ça fait sur la note 😉

Il se trouve que si on fait les calculs, on voit que le problème de notre Tom est maintenant complètement inversé ! Avec des bénéfices immédiats et des cout reportés, Tom sait qu’il n’aura pas de mal à se motiver :) oui mais voilà : tous les efforts ne sont pas bons à faire : si vous vous blessez en marquant un but, vous allez rater tout le reste de saison… Tom, qui n’est pas certain de son genoux avant de reprendre le match, va se persuader que de toute façon le goal adverse est trop fort et que même s’il essayait il ne pourrait pas le passer.

On va donc parler dans ce cas de pessimisme défensif où le but de la manœuvre est désormais de décourager l’effort !

On a déjà bien avancé :)

Habileté & Effort

Timing

Concept étudié

Objet de l’auto-illusion

Bénabou & Tirole (2002)

Compléments

Cout immédiat et bénéfice retardé

Optimisme défensif

Encourager l’effort

Déviation 1

Compléments

Bénéfice immédiat et cout retardé

 Pessimisme défensif  Décourager l’effort
Déviation 2

Substituts

Cout immédiat et bénéfice retardé

Déviation 3

Substituts

Bénéfice immédiat et cout retardé

Deviation 2 : on ne change que le lien entre effort et habileté

On a vu que le timing avait son importance. Quand est-il de l’hypothèse de complémentarité entre habileté et effort. C’est vrai que pour un exam, quelqu’un qui est très doué échouera s’il n’étudie pas du tout et quelqu’un qui n’est vraiment pas doué pour une matière risque de rater même en passant des heures dans ses cahiers… il est clair que dans ce cas l’habileté et les efforts sont complémentaires pour réussir. Par contre on peut penser à des situations où ce n’est pas le cas : en sport par exemple. Si le but est juste de gagner le match : si je suis vraiment meilleur techniquement que mon adversaire je ne vais pas avoir besoin de faire beaucoup d’efforts pour gagner. A l’inverse, même si je ne suis pas naturellement doué, je pourrai compenser en faisant beaucoup plus d’efforts : là les deux sont un peu substituts.

Pareil, on peut utiliser le monde de Tom pour étudier ce cas. En pratique c’est beaucoup plus compliqué que le cas précédent parce qu’il suffisait simplement d’inverser les variables couts et bénéfices dans les équations. Là il s’agit de trouver une nouvelle équation qui rende compte du caractère substituable ! Un vrai casse-tête mais on va s’en tenir au résultat, on s’en portera aussi bien :) (et sinon à la fin je vais détailler un petit peu^^)

Qu’est ce qu’on trouve ? Comme dans le cas précédent (et à l’inverse du cas présenté par Tirole et Bénabou) Tom chercher à maintenir un niveau bas de confiance en soi. Sauf qu’avant c’était pour ne pas faire n’importe quoi et s’embarquer dans des actions inutiles. Là le manque de confiance en lui est justement ce qui va lui permettre de se motiver à faire un effort. Imaginez que le PSG mène 1-0 face à Bordeaux à la 85ème minute. Il ne vaut mieux que les joueurs parisiens se relâchent en se disant qu’ils ont presque gagnés : une petite baisse de confiance en eux leur permettra de fournir l’effort nécessaire.

On va donc encore parler dans ce cas de pessimisme défensif mais où le but de la manœuvre est cette fois d’encourager l’effort !

On a presque fini :)

Habileté & Effort

Timing

Concept étudié

Objet de l’auto-illusion

Bénabou & Tirole (2002)

Compléments

Cout immédiat et bénéfice retardé

Optimisme défensif

Encourager l’effort

Déviation 1

Compléments

Bénéfice immédiat et cout retardé

 Pessimisme défensif  Décourager l’effort
Déviation 2

Substituts

Cout immédiat et bénéfice retardé

  Pessimisme défensif  Encourager l’effort
Déviation 3

Substituts

Bénéfice immédiat et cout retardé

Deviation 3 : on change les deux hypothèses en même temps !

Le timing a son importance. La complémentarité entre habileté et effort a son importance. Que se passe-t-il alors si on change les deux ?

Quand on change les deux hypothèses par rapport au modèle initial, on se retrouve dans un monde ou l’habileté de Tom et l’effort qu’il doit fournir pour réussir son substituts et, quand l’effort est fait, les fruits sont reçus immédiatement (alors que les couts ne seront endurés que plus tard).

Dans un tel cas de figure, Tom, comme au début, va chercher à maintenir une confiance en lui élevé par l’auto-illusion. Mais cette fois, le but de la manœuvre est, comme dans la déviation 1, de décourager l’effort !

On va donc de nouveau parler d’optimisme défensif mais où le but de la manœuvre est cette fois de décourager l’effort ! Si Tom mène 6/2 5/1 par exemple et sent une douleur à la cheville, il vaut peut être mieux ne pas « tout donner » afin de ne pas se blesser pour le match d’après. Pour ça Tom doit être sur de pouvoir l’emporter même sans faire d’efforts.

On a rempli le tableau :)

Habileté & Effort

Timing

Concept étudié

Objet de l’auto-illusion

Bénabou & Tirole (2002)

Compléments

Cout immédiat et bénéfice retardé

Optimisme défensif

Encourager l’effort

Déviation 1

Compléments

Bénéfice immédiat et cout retardé

 Pessimisme défensif  Décourager l’effort
Déviation 2

Substituts

Cout immédiat et bénéfice retardé

  Pessimisme défensif  Encourager l’effort
Déviation 3

Substituts

Bénéfice immédiat et cout retardé

 Optimisme défensif  Décourager l’effort

Conclusion

On a étudié, grâce au modèle élaboré par Jean Tirole et Roland Bénabou, pourquoi nous (et Tom) donnons de la valeur à notre confiance en nous-même et comment nous la préservons par des comportements qui paraissent irrationnels.

En changeant les hypothèses de départ, on a pu analyser différents cas d’auto-illusions : dans certains cas le but est d’encourager l’effort, dans d’autres de le décourager. Pour ce faire, il faudra des fois maintenir une confiance en soi à un niveau élevé et parfois, au contraire, à un niveau faible.

On retiendra que l’auto-illusion reste une stratégie intra-personnelle : quand on décide de voir le monde comme ça nous arrange pour garder en confiance en nous, il vaudrait mieux que les personnes autour de nous en fassent de même (en évitant les mêmes infos). Et pour que la stratégie marche, on évitera les autres gens… pas cool ça :(

 

Les différents types de monopoles

Les types de monopoles

On parle de « monopole » quand une firme est la seule à proposer un produit sur un marché. On distingue plusieurs cas :

Le monopole naturel

C’est le cas où c’est les forces économiques du marché qui font qu’une firme se retrouve toute seule. En effet, si l’on pense au réseau ferré d’un pays : il faut un investissement énorme pour pouvoir proposer des déplacements en train. Mais une fois que c’est fait, on peut vendre plein de billet de train et plus on en vend, plus c’est rentable (on dit que le « cout marginal est décroissant avec la quantité »).

Le monopole légal

Là ce n’est pas le marché qui impose un monopole mais les pouvoirs publics, par exemple par l’attribution d’une licence d’exploitation exclusive (le monopole légal peut aussi être un monopole public).

Le monopole local

On parle de monopole local lorsqu’une entreprise est en situation de monopole sur un secteur particulier (géographique ou sur un type de produits). Ce sera le cas d’une station service dans une zone relativement isolée.

Les situations proches du monopole

Lorsque le nombre d’entreprises présentes sur un marché est supérieur à un mais réduit, on est dans des situations proches du monopole :

L’oligopole

C’est le nom donné à un marché où il n’y a que quelques offreurs (alors que les acheteurs sont eux nombreux). Le duopole en est un cas particulier : 2 offreurs pour une multitude d’acheteurs.

Le cartel

On peut voir le cartel comme le regroupement de l’oligopole et du monopole : il n’y a que quelques entreprises sur le marché mais comme elles s’entendent, elles agissent comme si elles étaient en situation de monopole.

La concurrence monopolistique

Quand vous êtes concurrencé(e) sur votre marché, l’idée n’est pas toujours de rentrer dans une guerre des prix… il est plus sage de se différencier, de différencier son produit qui, s’il est unique, créera une sorte de monopole pour le producteur. On peut donner l’exemple de Coca-Cola et Pepsi : bien-sûr ces deux là se concurrencent. Mais pour certains acheteurs, c’est comme s’il n’existait que Coca (ou Pepsi).

Le monopsone

C’est le cas inverse au monopole : le monopsone, c’est quand il n’y a qu’un seul acheteur et plusieurs offreurs. On peut penser aux centrales d’achats dans l’agro-alimentaire.

Les problématiques liées aux situations de monopoles

A quoi ça sert tout ce vocabulaire ? A discuter, parce que les monopoles soulèvent parfois (souvent) des tensions et alors il faut se mettre autour d’une table (pas nous, des représentants ou les pouvoirs publics).

Car si une entreprise est la seule à offrir un produit, elle pourra le vendre à n’importe quel prix : ceux qui en ont vraiment besoin devront bien lui acheter. Et si le produit en question est un médicament ou l’accès à l’eau, ça peut poser problème… D’autre part une entreprise non concurrencée pourra se permettre de proposer un produit de moindre qualité et ne sera pas forcément incitée à innover.

Afin donc que les entreprises n’abusent trop de leur pouvoir de négociation et continuent à proposer des biens et services de qualité, des règles existent pour limiter les monopoles.

Peut-on acheter le bonheur ?

Le Dalaï-Lama lui-même nous dit que le but de la vie est d’être heureux. Depuis le moment de sa naissance, chaque être humain cherche le bonheur et évite la souffrance.

Normal, donc, que quand on a de l’argent et qu’on peut acheter plein de trucs avec, on va choisir ceux qui nous rendent le plus heureux (et éviter ceux qui nous font mal). Alors comment se fait-il que la dépression soit un des maux des pays « riches » ?

L’argent qu’on gagne

Visiblement l’argent ne fait pas le bonheur… en tout cas pas toujours. En fait, comme souvent quand on se pose des questions, des économistes essaient d’y répondre. Certains d’entre eux ont étudiés la corrélation (le lien) entre revenus et bonheur. Voilà en image je que j’en ai compris :

happiness eurosJ’ai tracé la courbe jaune telle qu’elle (donc le bonheur, avec le smiley ) augmente effectivement quand le revenu (€) augmente. Mais peut importe la vraie forme de cette courbe, on voit qu’elle est loin d’être égale à celle en gris qui symbolise une relation proportionnelle entre l’argent et le bonheur.

En fait, la courbure de la ligne jaune montre qu’au delà d’un certain niveau, chaque nouvel euro gagné nous contente de moins en moins… alors que quand on a peu d’argent, on est très content d’en recevoir ! Vous me direz qu’il n’y a pas besoin de tracer une courbe pour se rendre compte que si on donne 20€ à un étudiant en fin de mois, son sourire sera bien plus grand que si on donne ce même billet à un monsieur de Wall Street^^

Mais il y a peut être besoin de tracer des courbes pour se rendre compte que oui, quand on a peu d’argent il est normal de faire tout son possible pour gagner même de petites sommes. Par contre, quand on est à l’abri du besoin, il n’est plus très rationnel de se battre pour 10€. En tout cas c’est pas ça qui vous rendra plus heureux  😉

L’argent qu’on dépense

On a compris que, jusqu’à une certaine limite, on a besoin d’argent pour être heureux. Mis à part le caractère social ou le sentiment de sécurité que peuvent nous procurer un plus haut revenu, l’intérêt d’avoir de l’oseille : c’est de pouvoir le dépenser !

Oui mais… pas n’importe comment^^ Il y a certaines dépenses qui vous rendront plus heureux que d’autres. Pour résumer tout ça, je vous propose les 5 conseils de E. Dunn et M. Norton dans leur livre Happy Money :

Achetez des expériences : vous hésitez entre des chaussures neuves ou un concert avec des amis ? Le souvenir du concert vous apportera certainement plus de joie :)

Faite en quelque chose de spécial : la rareté est une source de valeur. Si vous aimez quelque chose, n’en abusez pas : vous en retireriez moins de plaisir.

Achetez du temps : si vous le pouvez, prenez le vélo pour aller travailler. Vous échangerez du temps de perdu (embouteillages…) par du temps d’exercices (qui accroit le bonheur!). Une autre caractéristique marrante avec notre temps : si on le donne (à quelqu’un, une association) on a l’impression d’en avoir plus !

Payez maintenant, consommer plus tard : en gros… l’inverse du crédit^^ Si vous payez votre télé avant de la recevoir, vous en tirerez le maximum de satisfaction au moment de la déballer. Si vous la payez après, quand vous vous serez déjà habitué à elle (et donc la valoriserez moins…) la facture passera plus difficilement.

Dépensez pour les autres : le bonheur, c’est la seule chose qui double quand on le partage :) C’est quand même la meilleure des nouvelles de se dire que des recherches scientifiques en psychologie montrent que nous pouvons augmenter notre bonheur en dépensant notre argent pour les autres plutôt que pour nous-mêmes ! La vie est bien faite 😉