Archives mensuelles : mai 2015

Le mot d’elle aussi

Pour ceux qui n’aiment pas les calembours, avouez que celui-ci a au moins le mérite de nous apprendre comment on prononce les trois lettres OSI dans le fameux modèle OSI^^

Le Modèle OSI, c’est quoi ?

C’est simplement une norme, un standard qui préconise comment les ordinateurs reliés entre eux doivent communiquer.

Parce qu’au début d’internet, chaque constructeur avait un peu sa manière de faire, ce qui n’aidait pas pour relier sur un même réseau des machines de marques différentes. Alors l’ISO (International Standard Organisation) a fait comme pour les autres industries et a créé une norme: le modèle OSI (pour Open System Interconnexion).

OSI décrit la construction standard d’une architecture réseau en 7 morceaux appelés « couches »:

– les couches basses (1, 2, 3, 4) décrivent le transport des données physiques entre les machines,

– les couches hautes (5, 6, 7) décrivent comment est traitée l’information.

Les 7 couches du modèles OSI

Imaginons la situation schématisée ci-dessous dans laquelle Zakia, depuis son salon, envoie un fichier Excel à Loïc, au travail :

OSIDans la pratique, elle met le fichier en pièce-jointe d’un e-mail et clique sur « envoyer. » C’est la flèche du haut du dessin.

Pour arriver à un tel niveau de facilité, l’information a quant à elle dû passer par toutes les couches : ce sont les autres flèches qui descendent et qui remontent.

Si on  reprend notre exemple, couche par couche :

7. Application  : c’est le logiciel qui sert d’interface entre Zakia et son ordinateur, donc ici sa messagerie mail.

6. Présentation : le mail est ensuite formaté pour être bien présenté : bonne sémantique, bonne syntaxe, cryptage/décryptage…

5. Session : une fois que le mail est prêt à être envoyé, une session doit être ouverte entre les diverses applications qui vont communiquer entre elles.

4. Transport : cette couche prépare le transport des données notamment en les divisant (en séquences) et en indiquant le port à utiliser. Du côté de Loïc, c’est au niveau de cette couche que ces mêmes données seront réunies. Le protocole le plus utilisé de la couche transport est le fameux TCP (Transport Control Protocol).

3. Réseau : une fois qu’on sait quel port utiliser, la couche réseau va se charger du routage (relai) du point A à un point B et de l’adressage des données (avec le protocole IP).

2. Liaison de données : c’est là qu’est établie la liaison physique entre les hôtes (certaines erreurs de la couche physique sont aussi corrigées là). Cette couche va fragmenter les données en trames qui seront envoyées une à une sur la couche physique.

1. Physique : la couche physique va recevoir les trames et les convertir en bits qui seront ensuite mis sur le média pour envoi. C’est donc sur cette couche que va se faire la transmission de signaux électriques ou optiques.

Et voilà le chemin que parcours le mail de Zakia (dans une sens puis dans l’autre) pour arriver jusqu’à Loïc, son destinataire !

Apprendre à Apprendre : un bon début ;)

On a à peine appris à marcher qu’on va à l’école pour apprendre. Puis on va au Collège, pour apprendre encore. Ensuite il y a le Lycée, la Prépa, l’Université… où l’on apprend aussi. Et c’est que le début !

Que ce soit une démarche personnelle ou professionnelle, dans un monde en perpétuelle évolution, on est toujours amené à apprendre. Aujourd’hui internet met même à notre disposition des outils géniaux pour que l’apprentissage devienne un plaisir :) Même si je dois beaucoup à Wikipedia, je parle ici des MOOC (Massive Online Open Classroom). Ce sont des cours en ligne sur le même principe que la fac sauf qu’au lieu d’aller dans un amphi, on suit le cours par video.

Comme c’est souvent le cas avec internet, il y a tellement de choix qu’on ne sait pas par où commencer… voici un bon début :

Coursera : learning how to learn

courseraSi vous pensez suivre régulièrement des cours en ligne, autant partir du bon pied ! Quoi de plus naturel alors que de commencer par apprendre à apprendre? Vous êtes sûr que ce que vous apprendrez dans ce cours vous sera utile pour tous les autres 😉

Pour s’inscrire, c’est là : https://www.coursera.org/learn/learning-how-to-learn/. Barbara Oakley et Terrence Sejnowski vous ouvrirons les portes du Savoir ! (en anglais, mondialisation oblige)

C’est quoi apprendre ?

On peut distinguer l’apprentissage « mental » de connaissances et l’apprentissage physique du sport (apprendre à tirer dans un ballon par exemple). Ce cours ce concentre sur la première notion, même si beaucoup de concepts sont communs aux deux.

L’idée est donc ici de savoir comment on peut utiliser notre mémoire de façon optimale et, au passage, se débarrasser de quelques idées reçues contre productives.

Notre cerveau est dynamique !

Le cerveau est l’objet connu le plus complexe de l’Univers : cet amas de quelques 100 milliards de neurones (je ne doute pas que certains n’en aient pas autant lol) contrôle tous nos mouvements et nos pensées. Pourtant, nous ne sommes pas conscient de la façon dont il fait ça, la partie consciente de notre cerveau est toute petite^^

On entend souvent dire qu’on nait avec un stock de neurones qui diminue tout au long de notre vie et que ce capital de départ détermine notre intelligence… Bonne nouvelle : tout ça c’est des conneries ! L’activité de notre cerveau, et donc notre mémoire, est dynamique. Ce qui fait notre intelligence, c’est bien sûr le stock de neurones mais aussi, et surtout, la façon dont il sont reliés entre eux. Or :

– l’apprentissage crée de nouvelles synapses (points de connexion entre neurones) tout au long de la vie,

– de nouveaux neurones sont créés dans une zone du cerveau directement liée à la mémoire : l’hyppocampus (cette découverte est relativement récente, d’où les vielles légendes qui persistent…)

Pour plus de connaissance sur notre cerveau : www.brainfacts.org

Focused vs Diffuse mode

Notre cerveau, nous dit B. Oakley, a deux façons différentes de penser :

– le mode focalisé (focused mode) : c’est quand on se concentre sur une tâche en y réfléchissant de façon consciente,

– le mode diffus (diffused mode) : une fois qu’on a arrête de penser à un problème, il continue à être traité de façon inconsciente par notre cerveau. On s’en rend compte quand on cherche un mot et que c’est seulement quand on n’y pense plus qu’on dit : « ça me revient ! »

L’idée, maintenant qu’on sait ça, va être d’utiliser les caractéristiques de notre cerveau pour apprendre le plus efficacement possible.

L’apprentissage par morceau : les Chunks

La meilleure façon de mémoriser des choses va être en formant des « chunks » (traduction de « morceau »). L’idée va être de relier les différentes pièces du puzzle que l’on veut apprendre en des objets qui ont du sens. L’analogie avec le puzzle que l’ont fait par morceaux est bonne : une fois qu’on a la maison d’un côté, l’arbre de l’autre et le poney on peut les relier ensemble pour obtenir l’image complète du paysage.

Si vous essayer de comprendre un réseau informatique par exemple, vous allez créer un chunk pour comprendre chaque composant (le serveur, le poste client, le routeur, le switch…) en étudiant son rôle séparément. Quand vous reliez tous les chunks vous retrouvez votre réseau (la « big picture »).

Pour construire les chunks, il est donc important d’être concentré, de comprendre et de s’entrainer (cela prend du temps pour une idée de passer de la mémoire court terme à la mémoire long terme).

Les techniques pour apprendre

Quelles sont alors les techniques à suivre pour apprendre efficacement ? Voici quelques conseils :

faire l’effort de se rappeler (recall) : après avoir lu une page, il est bon de fermer les yeux et de se remémorer ce que l’on vient de lire (au lieu de foncer à la page suivante sans s’assurer qu’on a bien compris)

utiliser des associations et des métaphores visuelles : vous voulez vous rappeler d’une liste de course ? Essayez d’imaginer une énorme bouteille de lait dans votre salon, une céréale géante sous la télécommande et des œufs cassés sur votre tapis… vous vous en souviendrez une fois dans le magasin ! Et si les associations sont personnelles, c’est encore mieux. Ca marche aussi pour les concepts abstraits :

chaos Zakia

commencer par le plus difficile : on l’a vu, même quand on arrête de réfléchir consciemment à un problème, on continue à le faire de façon inconsciente. Si on commence par la tâche difficile et qu’on passe à la plus facile quand on est bloqué on ne perd pas de temps (le « diffuse mode » continue à travailler sur la partie dure, le « focused mode » sur la partie facile). L’attention de notre cerveau est une ressource limitée : il faut l’optimiser !

dormir ! Quand on dort on n’est peut être pas conscient, mais on n’est pas inactif pour autant. Le sommeil nous permet de tirer le maximum de notre inconscient. D’autant plus que certaines toxines du cerveau ne s’évacuent que la nuit. Et puis c’est bête de se préparer à fond pour un test et de le rater à cause de la fatigue^^

la technique du Pomodore : se déconnecter de tout pendant 25 minutes en mettant un timer afin de se concentrer à 100% sur une tâche sans se disperser (et d’exploiter au maximum son « focused mode »).

se concentrer sur le processus plus que sur le résultat : en accord avec la technique du Pomodore. Si on doit écrire un rapport par exemple, il vaut mieux se dire : « ce soir je me libère 1h30 pour écrire » plutôt que « ce soir je dois avoir fini le chapitre 1 ». La deuxième option risque d’entrainer plus de procrastination…

se récompenser quand on a fini : pas la peine de se payer un aller-retour sur la Côte-Basque chaque fois qu’on a résolu une équation du second degré… un simple petit étirement fera l’affaire (perso je m’offre souvent des petits cafés et/ou gâteaux^^).

s’exercer dans un autre environnement : quand on apprend, on peut utiliser (consciemment ou non) des petits signaux autour de nous comme moyens mémo-techniques. Il peut être intéressant, une fois à la plage, d’essayer de se souvenirs de concept vu en classe par exemple.

Ce qu’il ne faut pas faire ?

Barbara Oakley et Terrence Sejnowski nous invitent aussi à faire attention à l’illusion de compétence : quand on a le matériel sous les yeux, on peut se faire croire que l’information est dans notre cerveau… non !

Quand on apprend, il est important d’essayer de faire des petites pauses pour essayer de comprendre les idées. C’est plus effectif que de faire des graphiques et diagrammes pour lier les idées entre elles (le faire oui, mais après). A ne pas faire, par contre, c’est prendre un stabilo et fluoter tout le texte… ça donne l’illusion d’avoir assimilé ce qui a été marqué alors que ce n’est pas le cas (et ça use de l’encre lol).

De même, quand vous êtes bloqué sur une tâche, il peut être contre productif de rester dessus sans avancer jusqu’à 2h du matin (quand on sait qu’une bonne nuit de sommeil activera votre « diffuse mode ») 😉

Le cours est très riche, vous apprendrez pleins d’autres concepts qui vous seront utiles toute votre vie, particulièrement pour tous les autres cours que vous suivrez par la suite. Quant à savoir s’il est utile d’acheter le certificat… c’est une question que je me pose ! Votre avis ?