Archives mensuelles : avril 2014

Economie : mesure des inégalités

Voici un extrait d’un échange entre deux fameux économistes du XIXème siècle. En 1820, David Ricardo écrit à Thomas Robert Malthus :

« L’Économie Politique est selon vous une enquête sur la nature et les causes de la richesse. J’estime au contraire qu’elle doit être définie une enquête au sujet de la distribution du produit de l’industrie entre les classes qui concourent à sa formation. »

C’était il y a presque 200 ans, alors que la théorie économique était encore toute jeune (on considère Adam Smith [1723-1790] comme en étant le père). A cette époque, on comprenait déjà que l’important n’était pas le montant de la richesse, mais combien de personnes pouvaient en jouir. On comprend bien que dans le cas où toute la richesse créée serait concentrée dans les mains d’un seul individu, une politique qui se bornerait à accroitre la richesse ne serait pas la plus juste.

Pourtant aujourd’hui, les inégalités dans la répartition de la richesse (des revenus ainsi que des patrimoines) sont très grandes et tendent à s’accroitre. Il existe de nombreuses façon de s’en rendre compte, grâce à des outils utilisés en économie :

La courbe de Lorenz

La courbe de Lorenz est un outil visuel développé par… Mr Lorenz ! (un économiste américain qui a proposé le concept en 1905). L’idée, c’est de dire que si la richesse était répartie également,  chaque pour cent de la population aurait 1% de la richesse. Donc 10% de la population (peut importe lesquels) concentreraient 10% de la richesse, 50% de la population 50% des richesses… C’est le cadre vert : la courbe de Lorenz (en bleu) est une droite.

Maintenant imaginons une situation parfaitement inégalitaire  : toute la richesse de la population est concentrée entre les mains d’un seul individu. Ici, les 10% les moins riches ont 0% des richesses, tout comme les 50% les moins riches, tout comme les 99,9% les moins riches. La courbe reste donc à 0 jusqu’au dernier individu. C’est le cadre rouge : l’aire coloriée en bleu est maximale.

Lorenz 1lorenz 2

Qu’en est-il en France ? Le graphique jaune en donne une idée : la surface bleue est certes bien plus petite que dans la figure rouge (ouf!) mais on est loin du vert. A noter qu’elle a été estimée à partir des données sur le patrimoine des français (et non pas du revenu comme cela peut être le cas).

lorenz 3Source : estimation à partir de : Enquête des patrimoine 2009-2010 de l’Insee

Le coefficient de Gini

Le coefficient de Gini, inventé par… Mr Gini (statisticien italien) est aussi un outil de mesure de l’inégalité, très lié à la courbe de Lorenz. Il s’agit d’un nombre compris entre 0 et 1 (et oui, il y a plein de choses entre 0 et 1 😉 ). Un pays ayant un coefficient de 1 serait très inégalitaire (carré rouge ci-dessus) et un pays ayant un coefficient de 0 sera parfaitement égalitaire (carré vert).

lorenz 4-GiniSur le schéma précédent, le coefficient de Gini correspond à la surface A divisée par la surface A + B.

Comme l’aire du carré est 1, l’aire de A+B=1/2. Par conséquent, le coefficient de Gini équivaut à 2 fois la surface A (puisque diviser par 1/2 ou multiplier par 2 c’est pareil).

Important : le coefficient de Gini se calcule normalement pour la répartition des revenus (et non pas du patrimoine). Pour la France, la CIA l’a calculé à 0,327 : c’est bien plus égalitaire que les Etats-Unis (0,45) ou l’Afrique du Sud (0,631) mais bien plus inégalitaire que la Suède (0,23).

Point de vue

Une situation parfaitement égalitaire (le carré vert) n’est même pas pensable. Il est normal que des gens qui travaillent plus créent plus de richesses et donc soient plus riches. Mais même si une répartition inégalitaire se justifie, celle que nous observons dans les pays aujourd’hui (et c’est encore pire au niveau mondial) n’est pas raisonnable. Et c’est dommage, parce que ça ne va pas en s’arrangeant : on n’a jamais vu autant d’écarts entre les plus riches et les plus pauvres… Si la croissance du PIB ne profite qu’à une minorité (celle qui contrôle la majorité des richesses), est-il légitime que des représentants de (tout) le peuple s’acharne à l’accroitre ? Ne serait-il pas préférable de reprendre une idée vielle de deux siècle et de prendre en compte la distribution de la richesse et pas seulement le montant ?

Il faut rappeler que tout ce que nous avons, nos richesses, ne sont pas seulement le fruit de notre travail, mais aussi celui de toutes les générations antérieures (qui devrait bénéficier à tous).

Code SIREN et code SIRET

Les codes SIREN et SIRET sont des numéros donnés respectivement aux entreprises et à leurs établissements (SIREN : Système d’Identification du Répertoire des ENtreprises / SIRET : Système d’Identification du Répertoire des ETablissement). En France, chaque personne a un nom et un numéro de sécurité sociale par exemple. Pour les entreprises, elles ont aussi un nom (on dit « raison sociale ») et on leur attribue un numéro : le SIREN. Une entreprise peut exercer son activité dans plusieurs établissements distants auxquels on donne un numéro SIRET. Il est formé à partir du numéro SIREN auquel on rajoute un suffixe (qu’on appelle NIC) :

siren

Exemple du constructeur automobile français Renault

Raison sociale : RENAULT SAS, SIREN : 780 129 987

Le siège social est à Boulogne Billancourt et son SIRET est 780 129 987 03591

Un établissement secondaire est à Marseille et son SIRET est : 780 129 987 03971

Le Répertoire SIRENE de l’INSEE

sirèneLe SIREN et le SIRET sont tous deux des codes INSEE, c’est à dire des numéro administratifs délivrés par l’Institut National de la statistique et des études économiques. Ces codes sont ensuite accéssible sur la base de données de l’INSEE, dans le répertoire SIRENE.

Pour connaitre les différents établissements notre concessionnaire Fiat de Paris, il nous suffit de nous rendre sur www.insee.fr dans l’onglet Base de données, Répertoire Sirene et Obtenir une fiche d’identité.

Voici un extrait du résultat pour notre exemple Renault (Siren : 780 129 987)

Etablissement siège ou établissement principal
Etablissement siège ou établissement principal
état nic désignation adresse commune
Actif 03591 RENAULT SAS 13 QUAI ALPHONSE LE GALLO 92
BOULOGNE BILLANCOURT

Liste des établissements actifs
Etablissements actifs (28 affichés)
écho nic désignation adresse commune
1 03997 RENAULT SAS 8 RUE KONRAD ADENAUER 59
WASQUEHAL
2 03989 RENAULT SAS LA MALLE 13
BOUC BEL AIR
3 03971 RENAULT SAS 20 TRA DE LA BUZINE 13
MARSEILLE 11
4 03963 RENAULT COURTE DUREE – RCD 22 RUE YVES KERMEN 92
BOULOGNE BILLANCOURT

 

Motivation au travail : 3 expériences révélatrices

On parle souvent du travail comme d’une tare. Même en cours d’économie, on oppose souvent le temps de loisir et le temps de travail (le second permettant d’acheter le premier). Ainsi on travaillerait dans le but d’augmenter notre utilité, elle-même liée à notre niveau de consommation (ou de temps libre). Ainsi, dans cette vision, les revenus seraient la principale source de motivation au travail…

Pourtant, avec un peu d’observations, cette idée est vite remise en cause. Je vous propose de vous rendre compte vous-même des moteurs de la motivation à travers trois petites expériences de sciences-sociales :

Le problème de la bougie de Duncker

candle-dunckerLe problème de la bougie de Duncker est très simple : les participants sont devant une table dans un coin. Sur celle-ci sont placées une boite remplie de punaise, des allumettes et une bougie. Le but donné est d’attacher la bougie allumée au mur. La solution, simple, est de retirer les punaises de la boite pour l’attacher au mur et y déposer la bougie. Néanmoins, beaucoup ne trouvaient pas tout seul. Par contre, en répétant l’expérience mais en plaçant cette fois les punaises à coté de la boite, le taux de réussite des participants était beaucoup plus haut (en effet, la boite est alors perçue comme un objet à utiliser).

La partie intéressante, c’est la version de Glucksberg. Ce professeur de psychologie a eu l’idée de reproduire l’expérience de Duncker en introduisant une incitation monétaire à une partie des participants (et pas aux autres, le groupe témoin). Le résultat ? Ceux à qui on avait promis de l’argent réussissent moins bien ! Ils sont plus lents ! La dimension monétaire entraine un stress qui peut bloquer la créativité. Quand une tâche est complexe, l’argent n’est plus un bon motivateur. L’autonomie, le sens donné à l’action, la sensation de maitrise, la reconnaissance du travail sont plus à même de motiver les travailleurs.

L’effet Hawthorne

Dans les années 1920, ampouleun psychologue et sociologue australien, Elton Mayo, voulait étudier les facteurs dans l’environnement de travail qui influencent la productivité des travailleurs. Pour ce faire, il réalisa des séries d’expériences dans une usine de matériel téléphonique près de Chicago : la Hawthorne Works. L’idée était de faire varier des aspects du travail des employés : le temps de pause, la durée de travail, le salaire… et même l’éclairage ! pour voir si ça affectait la productivité. Selon une des hypothèses testées, un meilleur éclairage devait augmenter la production. Ça a d’ailleurs été observé dans l’expérience. Le problème, c’est que la productivité a augmenté aussi quand l’éclairage a été baissé ! D’ailleurs, la productivité avait l’air d’être tout le temps plus élevée pendant l’expérience qu’elle ne l’était habituellement dans l’usine… Bizarre ? Non ! Elton Mayo a compris que ce qui était à la source de cette augmentation de la productivité observée, ce n’était pas un des facteurs qu’il était venu tester. C’était l’expérience elle-même ! Le regard des observateurs sur les travailleurs, l’attention qu’ils leur portaient, suffisait à les motiver.

Les Légo de Ariely

légoDan Ariely est un économiste contemporain de l’Université de Duke. Ce spécialiste de l’économie comportementale a mis en place une expérience révélatrice où les participants devaient construire des Légos avec des incitations financières : 3$ pour le premier, 2,7$ pour le second… Certains devaient déposer les Légos finis sous une table en sachant qu’ils seraient détruits après. Pour les autres, les Légos étaient détruits au fur et à mesure, dès qu’ils étaient finis. Dans un sens, l’expérience étaient la même pour tout le monde : faire le plus de Légos de mois en moins rémunérés et qui seraient dans tous les cas détruits une fois le jeu terminé. Pourtant, le premier groupe qui ne voyait pas la destruction de leur travail montait en moyenne 11 Légos, pour seulement 7 dans l’autre groupe dont le travail perdait tout son sens (puisque immédiatement détruit sous leur yeux). On se rend bien compte que le respect du travail, le sens qu’on lui donne est le vrai moteur de la motivation.

Publiphobie

La publiphobie : c’est la haine de la publicité.

Vous êtes vous posez la question de votre rapport avec la publicité ?

  • quel effet a-elle sur moi ? Parvient-elle à me manipuler ?
  • combien de temps elle me fait perdre ?

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« Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible. » : célèbre phrase prononcé par Patrick Le Lay, PDG. de TF1 résume bien la situation : l’objectif des chaines TV est de capter notre attention pour la revendre. Nous subissons avec ces publicités une agression mentale dans le but de nous manipuler pour consommer plus.

Contrairement à ce qu’on peut penser : ce n’est pas les pubs qui viennent se glisser entre les émissions et films, ce sont bien ces derniers qui sont produits/achetés pour mieux nous faire passer les pubs !
instagram-publicite

La publicité est une pollution mentale et environnementale. Quelques statistiques là-dessus :

  • « 7% c’est le temps de publicité par rapport à l’ensemble des programmes des chaînes. Un pourcentage 2 à 7 fois moins élevé qu’en radio et en presse ».
  • à la télévision on a entre 9 et 12 min de temps de publicité par heure, limité à 6 heures par jour
  • « Chaque seconde, en France, 27 kilos de prospectus et imprimés publicitaires sont distribués dans les boîtes aux lettres ».
  • 89,1% des emails échangés sont du SPAM
  • « 2,5 milliards d’euros. C’est le montant des investissements réalisés en 2011 par les annonceurs français dans la communication online, »

On en veut à votre cerveau !

Beaucoup pense que c’est grâce à la publicité que beaucoup de chose sont gratuites mais rien n’est gratuit !

« Le coût d’un service financé par la pub est reporté sur les annonceurs, qui eux-mêmes le reportent sur le prix que paye le consommateur dans son panier de courses. »

Donc vous payez la fabrication de publicité qui vous pollue dans le but de vous manipuler.

stoppubPersonnellement, je ne vois rien de positif à cela et je m’attache à éviter la pub au maximum via des solutions simples et connues :

  • pub dans la boite au lettre : autocollant stopPub
  • spam -> filtre anti-spam
  • publicité dans les sites web -> extension adBlock pour firefox et chrome

Pour la radio et la télévision ça se complique car la pub est parfaitement incrusté dans le contenu.

Pour la radio, vous pouvez télécharger des podcasts de vos émissions préférés ils sont souvent sans pub. Vous pouvez les télécharger automatiquement via la plupart des outils de synchronisation de baladeur MP3 (Itunes, MediaMonkey, …) en couplant ça avec votre collection de mp3 vous obtenez une station de radio parfaitement ciblé à vos besoins et sans pub !

Pour la télévision, ça se complique encore un peu. La solution que j’ai mise en place consiste à télécharger les vidéos des replays TV sans pub.

captvty

Il existe pour ça un très bon logiciel : Captvty qui permet de télécharger les replays tv de quasiment toutes les chaines. On peut ensuite regarder tranquillement son émission avec son lecteur vidéo préféré.

thumbnail-100x100

Seul inconvénient : il faut télécharger tous les jours nos émissions, ça devient vite lassant. C’est là où intervient habitv qui comme captvty télécharge les replays mais de manière automatique !

Il est un peu compliqué à utiliser mais une fois bien configuré c’est comme si on avait sa propre chaine TV sans pub et qu’avec du contenu qui nous intéresse !

Il ne reste plus qu’à éviter les panneaux d’affichage… :)

Sources :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Antipub
http://www.csa.fr/Television/Le-suivi-des-programmes/Les-communications-commerciales/La-publicite
http://www.linternaute.com/television/dossier/05/publicite/chiffres.shtml
http://www.dolist.net/statistiques-pub-en-ligne-emailing-ecommerce/

Comment créer son site web ?

L’informatique, c’est magique ! On peut faire apparaitre ce qu’on veut, le multiplier et le partager autant qu’on veut. Mais alors que le magicien ne dévoile pas ses tours, ici oui !

Il y a plein de moyens de créer son site. Les étapes présentées ici sont celles qui ont été suivies pour fabriquer le site web UnFauxGlobe que vous êtes en train de lire. Comme c’est le principe sur ce site, tout est gratuit 😉

Bien sûr pour créer un site, il faut avoir un projet, un contenu à partager. C’est le cas ? Suivez les étapes !

  • Choisir un CMS (Content Management System)

wordpressUnFauxGlobe a choisi WordPress, un logiciel de blog en Open Source : c’est l’outil qui va vous permettre de créer votre site web. C’est sur WordPress que vous allez choisir la structure du site que vous voulez créer, le thème, écrire vos articles…

Pour télécharger WordPress : http://fr.wordpress.org/

  • Choisir un hébergeur

Comme son nom l’indique, un hébergeur sert à héberger les sites internet. On ne voudrait pas que le contenu de notre site s’efface dès qu’on éteint notre ordinateur, alors on le place sur des ordis qui restent allumés tout le temps : des serveurs.

webhostWebHost est l’hébergeur de UnFauxGlobe, c’est pour ça que le nom de domaine est « unfauxglobe.host56 ». On aurait pu ne garder que www.unfauxglobe.com, mais il aurait fallu pour ça acheter le nom de domaine.

Pour créer votre nom de domaine : www.000webhost.com

  • Création d’une base de données

mysqlL’hébergeur c’est un peu comme l’hôtel où va se loger le site web. Comme dans un hôtel, les personnes logées (des données) vont se voir attribuer une chambre (une base de donnée). On créé donc une base de donnée MySQL après avoir choisi son nom de domaine. Par exemple, pour UnFauxGlobe, la base de donnée s’appelle a3716028_chipie.

  • Transférer les fichiers avec Filezilla

filezillaOn a choisi notre hébergeur donc on sait que notre site ira se loger sur les serveurs de Host. Mais notre logiciel, que l’on a téléchargé, c’est WorPress : il faut donc aller mettre sur le serveur de Host tous les fichiers que l’on a téléchargés sur le site WordPress (et qui doivent être enregistré quelque part sur notre ordi). Cette tâche est simplifiée grâce à un outil FTP (File Transfer Protocole) : Filezilla. C’est aussi un logiciel qu’on télécharge (il se peut que vous l’ayez déjà).

Télécharger Filezilla Client : https://filezilla-project.org/

  • Construction du site

Une fois que tout ça est fait, on revient sur WordPress pour construire notre site web en suivant les étapes. Bien sûr c’est plus simple de le dire (ou de l’écrire) que de le faire, mais c’est surmontable 😉 Il y a beaucoup d’aide en ligne, il ne faut pas s’en priver. Il existe des tutoriels sur Youtube qui montrent pas à pas comment faire, par exemple :

Création d’un site web en 23 vidéos par Ben Mousnier

Avec du temps, de la motivation et grâce à la documentation du Web (notamment de UnFauxGlobe) chacun peut créer son site web. Lancez-vous !

DMS : logiciel de gestion pour la distribution automobile

Les concessions automobiles ne se contentent pas de vendre les véhicules qui sortent des usines des constructeurs (cf. article les métiers d’une concession automobile). Elles vendent aussi des véhicules d’occasions, des pièces de rechange, réparent, entretiennent… C’est tout un travail de gestion ! Pour ça, le marché de la distribution automobile utilise des progiciels spécifiques appelés DMS (Dealer Management System). Ce sont donc des ERP (Entreprise Resource Planning) ou PGI (Progiciel de Gestion Intégré) en français.

  • Automatisation des services

Le premier intérêt d’un logiciel est le gain de temps qu’il permet. En automatisant certaines tâches, on évite les erreurs et on gagne en productivité en évitant de saisir plusieurs fois les mêmes données. L’exemple le plus typique est en comptabilité où l’utilisation du DMS permet de faire remonter les données des factures du magasin ou de l’atelier. Avant la facturation, le logiciel édite pour l’atelier les commandes de travaux (document signé par le client quand il laisse sa voiture au garage). Rien que ça, c’est déjà beaucoup ! En effet, dans un magasin de pièces de rechange d’une concession, il y a des milliers de références vendus à de nombreux clients que le DMS doit connaitre.

  • Outil de gestion

 Les DMS les plus développés proposent des outils de gestion qui dépassent la simple automatisation des tâches. D’abord, ils permettent d’améliorer le service au client en affichant par exemple sur écran les rendez-vous pris à l’atelier avec des informations pertinentes. Dans l’atelier toujours, la répartitions des tâches (quel compagnon répare quelle voiture) est facilitée grâce à l’intégration sur ordinateur du planning mural (qui se fait souvent sur papier). Grâce au DMS, il n’est plus possible de donner trop de travail à un compagnon et pas assez à l’autre, d’oublier qu’un tel est absent, de prendre trop de rendez-vous le même jour.

D’un autre coté, un bon logiciel permet de traiter et visualiser les données qui servent ensuite pour les prises de décisions. Combien de véhicules ont été vendus ? A quel prix ? Quelles sont les marges ? Les DMS peuvent proposer des outils précieux pour la comptabilité analytique d’un concessionnaire.

  • Outil de communication

Le Dealer Management System est aussi un puissant outil de communication. D’abord entre les sites de vente d’un même groupe concessionnaire : chacun peut savoir les stocks (VN, VO, PR) disponibles sur les autres sites en un clic ! Coté comptabilité, celle-ci peut être commune à tout le groupe (les mêmes numéros de comptes peuvent être utilisés partout).

Ensuite, les DMS sont utiles aux constructeurs qui communiquent par ce biais avec le réseau de distribution. Ce sont même les constructeurs qui choisissent les DMS puisque pour être utilisés, ceux-ci doivent auparavant être homologués. Les barèmes de prix par exemple redescendent directement via une interface. L’informatique est utile aussi pour les commandes de véhicules et de stock. Pour les ventes de véhicules d’occasion, une interface liée au DMS permet d’échanger des informations avec des sites web spécialisés (en passant des annonces de façon automatique par exemple).

  • Les acteurs du marché

Du fait de la nécessité d’être homologuées par les constructeurs automobiles, les firmes qui développent des DMS sont peu nombreuses. Par exemple, le constructeur français PSA a décidé dernièrement de ne retenir que 5 éditeurs pour son réseau de distribution en Europe : Reynolds & Reynolds, I’Car Systems, ADP, Incadea et Berry (DMS développé par PSA). En France et toutes marques confondues, les principaux éditeur de DMS sont Reynolds & Reynolds, ADP, I’car Systems, Data First, Solware et Fiducial.

  • Liens vers les sites Web des éditeurs dms

Reynolds & Reynolds (DMS : DCSnet)

ADP (DMS : Autoline)

I’car Systems – anciennement SAGE (I’Car DMS)

Data First (DataCar DMS, nouvelle version de eCARS21)

Solware (DMS : WinMotor)

Fiducial (V-DMS)

 

Les métiers d’une concession automobile

C’est par les concessions automobiles que les constructeurs de voitures (Renault et PSA en France) vendent leur production. Lorsqu’un concessionnaire appartient à un constructeur, on parle de succursale.

L’activité de ces sociétés ne consiste cependant pas seulement à acheter et vendre des voitures qui sortent de l’usine. Les concessions vendent aussi des voitures d’occasion. Elles assurent un service après vente de réparation et vendent des pièces de rechange. Elles peuvent aussi proposer une série de services venant des constructeurs : assurance, garanties… Enfin, certaines offrent des services qu’on ne trouve pas partout : location de voitures, station service…

Voyons les métiers (quelques fois  appelés services) les plus rencontrés en concessions :

  • Vente de Véhicules Neufs (VN)

VNLes véhicules neufs sont ceux qu’on voit le plus, en tant que client, dans une concession. Même si la règlementation européenne a tenté de favoriser les sites multimarques (voir l’article sur la législation), en pratique les concessions ne vendent les voitures que d’un constructeur. On pourra rencontrer plusieurs marques quand elles appartiennent au même groupe (exemple Fiat qui possède aussi Lancia, Abarth, Alpha Romeo, Chrysler).

Les concessionnaires achètent des stocks de voitures qu’ils revendent. ils transmettent aussi les commandes spécifiques des clients (modèle, version, couleur…). Ils ont des objectifs de vente à l’année (par exemple : 1 000 VN/an pour une concession de taille assez importante).

Soit ils vendent aux particuliers et entreprises, soit les concessionnaires vendent leur voitures à d’autres vendeurs : dans ce cas ils n’ont qu’un rôle d’intermédiaire entre le constructeur et le vendeur (agent). En effet, les concessionnaires ont l’exclusivité de vente auprès de leur constructeurs (les autres ne pouvant pas se fournir directement).

Si vous achetez un véhicule neuf, le concessionnaire se chargera de l’immatriculer (en faisant lui-même la demande à la préfecture et en apposant la plaque).

  • Vente de Véhicules d’Occasion (VO)

VOCitroën Select, Occasions du Lion, Renault Occasions… Les constructeurs ont souvent leur propre réseau de distribution de véhicule d’occasion relayés dans les concessions. Il est notamment alimenté par les reprises : quand vous changer de véhicule, vous pouvez vous faire racheter celui que vous aviez. Les concessions ont moyen de communiquer entre elles pour vous proposer le véhicule que vous cherchez même si elles ne l’ont pas dans leur stock.

Le métier de vendeur de véhicules d’occasion (VO) comprend plus d’étapes que pour le neuf car les voitures nécessitent souvent une remise en état à l’atelier.

  • L’Atelier

atelierC’est à l’atelier que les compagnons réparent les voitures. Ce sont eux qui font les contrôles techniques, qui remplacent les éventuelles pièces défectueuses ou renouvèlent la carrosserie (après un choc par exemple). A noter que certaines concessions partagent l’activité carrosserie de leur atelier car les investissements sont couteux.

Lorsque vous amenez votre voiture à réparer, en plus de vous demander quelques informations (carte grise), vous êtes invité(e) à faire un tour du véhicule avec un professionnel pour établir un ordre de réparation. Ces ordres sont transmis à une personne dans l’atelier qui dispatche le travail aux compagnons. Quand ceux-ci ont besoin d’une pièce de rechange, ils vont la chercher directement au magasin de la concession.

  • Le magasin

MagasinDans le magasin se trouvent des milliers de références. Chaque référence correspond à une pièce (filtre à air, essuie-glace, pneu, bougie, ressort…). Il fournit l’atelier de la concession mais aussi les clients externes qui peuvent être des particuliers ou des professionnels. Les prix dans le magasin ne sont pas les mêmes selon le clients, des barèmes de remise s’appliquant. Pour des questions de gestions le service magasin ne donne pas mais vend les pièces au service atelier d’une même concession (à des prix plus bas).

  • Activités annexes

En plus de celles déjà mentionnées, les concessions ont d’autres activités. D’abord des activités internes (comptabilité, gestion) qui sont aussi spécifiques au milieu de l’automobile, du fait notamment des liens entre les concessions et avec les constructeurs. Ensuite d’autres services peuvent aussi être proposés sur certains sites : location de voitures, lavage, station service…

 En image, ça donne ça :

Concessionnaire1. Vente de Véhicules neufs (VN)

2. Vente de Véhicules d’Occasion (VO)

3. Atelier

4. Magasin de Pièces de Rechange (PR)

5. Direction, comptabilité…

 

La distribution automobile

SI vous voulez acheter une voiture neuve, vous n’allez pas la trouver en grande surface. En effet, les voitures neuves ne sont pas vendues n’importe où, le réseau de distribution automobile est un peu particulier.

  • Distribution sélective

Le modèle économique d’un constructeur de voitures n’est pas le même qu’un fabriquant de jouets. Le fabricant de jouets, en général, produit des jouets qu’il va ensuite vendre par différents canaux de distribution : internet, grandes-surfaces, magasins spécialisés… Par exemple, s’il existe des boutiques spécialisées Playmobil on peut aussi en trouver à Toys’r’us ou Carrefour. Dans cet exemple, le service après-vente est secondaire (quand c’est cassé on échange où on rachète).

Pour les grandes marques de voitures, c’est différent. Les constructeurs (Renault, PSA Peugeot-Citroën en France) ne vendent pas eux-mêmes leurs voitures mais contrôlent tout de même leur distribution. On parle pour cela de distribution organisée ou sélective puisqu’en pratique, les constructeurs peuvent sélectionner les concessionnaires qu’ils veulent par le biais de contraintes. En principe en Europe la loi empêche ce genre de pratiques et favorise la concurrence (c’est l’article 101 du traité de Rome). Mais dans le secteur de l’automobile, on tolère certaines entraves à la concurrence parce qu’on pense que, somme toute, c’est mieux pour le marché, la sécurité et les consommateurs concernés (voir l’article Secteur automobile : législation européenne).

  • Organisation

Dans le secteur de l’automobile, la distribution (vente) des voitures est liée à la réparation. Ce sont des activités complémentaires souvent regroupées aux mêmes endroits. Les points de vente et de réparation sont organisés en 3 réseaux : R1, R2 et R3. Ils diffèrent principalement par la taille de leur activité et le type de contrat qu’ils ont avec les constructeurs :

Réseaux automobile

Le réseau primaire (R1) comprend les succursales des constructeurs (qui appartiennent à une marque) et les concessionnaires (indépendants). On peut estimer à moins de 5000 le nombre de concessionnaires en France. Leurs principaux métiers sont la vente de véhicules neufs (VN), de véhicules d’occasion (VO), la vente de pièces de rechange (PR) et la réparation avec des services associés (financement, locations…). Mis à part les succursales, seuls les concessionnaires peuvent acheter des voitures directement aux constructeurs.

Le réseau secondaire (R2) comprend les agents de marques qui sont liés à un concessionnaire auprès de qui ils se fournissent (ils n’achètent pas directement aux constructeurs). Il y a avait environ 15 000 agents en France en 2002 (3 fois plus que les concessionnaires).

Les Mécaniciens Réparateurs automobiles (MRA) sont parfois appelés réseaux tertiaires. Leur métier est principalement la réparation des véhicules et la vente de véhicules d’occasions. Ils se fournissent auprès des réseaux primaires et secondaires.

D’autres spécialistes de l’automobile viennent compléter ce schéma. D’une part les distributeurs hors réseau tels que les mandataires (qui achètent pour le nom d’autrui) ou les revendeurs non agréés (qui achètent des véhicules en leur nom et les revendent, sans être attachés à une marque). D’autre part des entreprises spécialisées telles que les centres auto tels que Norauto ou Feu Vert (qui vendent des pièces détachées et réparent), les entreprises de réparation rapide (Speedy, Midas, Euromaster), les distributeurs stockistes (qui achètent et revendent des pièces) ou les carrossiers.

  • Plus d’infos

Bien sûr cet article ne présente que les grandes lignes du réseau de distribution automobile. Pour plus d’infos, voici quelques documents intéressants :

Vocabulaire Automobile par le groupe de conseil Advalorem-expertise
– Benjamin Morisse (2003) Stratégie et organisation du canal de distribution, une application au marché de l’automobile
–  Association Nationale pour la Distribution Automobile (2001) La distribution automobile